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 Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]

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Léodagan De Tigris

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MessageSujet: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Sam 28 Aoû - 15:23

Un survivant d'Ekthranexos. Une excursion d'étudiants.

Il ne disait rien. Il était trop fatigué pour dire quoique ce soit. Il regardait l'homme qui lui posait des questions, sans prêter attention à ce qu'il disait. Le professeur, car c'en était un, avait fini par penser que Léodagan ne parlait pas sa langue.
Le groupe d'étudiants invocateurs se remit en marche, mais quand Léodagan voulut faire un pas, le sol se déroba sous ses pied et il ne fit que s'écrouler dans l'herbe.

***

Un plafond blanc immaculé...?
Je me réveillais dans un lit, un lit de camp mais un lit tout de même. J'étais sous une petite tente de toile blanche légère. Tout était calme. J'avais faim mais ça c'était presque devenu une habitude. Mes blessures avaient été soignée, Tilla aussi. Elle dormait encore, en boule sur une couverture. Une pile de vêtements propre se tenait à mes pieds. Sur une petite table, une vasque d'eau et un rasoir semblaient m'attendre. Je peinais à me reconnaître en la personne que le miroir me montrais. Je coupais tant bien que mal mes cheveux trop longs et emmêlés, je taillais au rasoir pour retrouver les traits de mon visage engloutis sous une épaisse barbe...
Quelques minutes plus tard, je retrouvais enfin une figure un peu plus humaine.
Je me changeais ensuite, en m'efforçant d'ignorer mes multiples cicatrices au souvenirs douloureux.

En sortant je découvris où j'étais. C'était un campement fortifié, installé dans une clairière, entouré de hautes palissades avec même de petits chemins de ronde. Beaucoup de monde devait se trouver là : on pouvait voir plusieurs grande tentes qui devaient servir pour les dortoirs ou les activités collectives, et des dizaines d'autres plus petites, probablement celles des accompagnateurs.
Vu la position du soleil, midi était largement passé. Les élèves s'entraînaient en petits groupes avec leurs professeurs et semblaient ravis du beau temps de cet après-midi.

Le professeur de la veille m'attendait, il m'emmena au réfectoire et je pris ce qui me sembla être le meilleur repas de ma vie.

C'était la première fois que ledit professeur voyait quelqu'un manger avec autant d'appétit tout en parvenant à conserver des manières décentes. Il regardait Léodagan manger avec une certaine sympathie paternelle...
Quelques temps plus tard, le repas fut interrompu par un élève, un grand roux, qui demandait à voir son professeur; ce dernier dût abandonner son protégé pour aller accomplir son devoir d'enseignant.
Interrompu n'était pas le mot exacte à utiliser pour Léodagan, il était bien trop accaparé par son assiette pour prêter grande attention au nouveau venu, et finir son repas seul ne le dérangeait nullement.

***


C'était une belle journée. Les étudiants riaient, plaisantaient, les garçon essayaient d'impressionner les filles et les filles discutaient des garçons...
Léodagan était assis contre la palissade et regardait tout cela de loin. Lui-même était très loin. Tout cela lui paraissait irréel. Trop léger et trop insouciant pour être vrai.
Je suis encore de l'autre côté de cette palissade... Tout ce temps j'ai souhaité que quelqu'un me vienne en aide. C'est arrivé, mais j'ai l'impression que rien n'a changé. J'ai vécu l'enfer, j'en suis revenu... ou peut-être pas. Mon corps est là... mais mon esprit s'accroche encore dans les limbes et s'égare toujours dans les brumes...
Léodagan ferma les yeux et replongea dans de sombres pensées, la nuit, le sang, la peur...
- Je peux ?
La voix claire l'extirpa des ténèbres. Un jeune homme s'assit à côté de lui sans attendre sa réponse (qui ne serait jamais venue). Léodagan reconnut d'un coup d'œil l'élève qu'il avait aperçu dans le réfectoire un peu plus tôt. Il ne poussa pas le contact plus loin et replongea son regard dans le vide.



Dernière édition par Léodagan De Tigris le Dim 5 Déc - 16:41, édité 1 fois
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Pétroline Herriot

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Sam 4 Sep - 14:55

['scusez pour la longitude de cette réponse]

Une excursion à Ekthranexos, voilà ce que Pétroline attendait depuis le jour où elle était entrée à l’Hecama. Son premier cycle touchait presque à sa fin ; bientôt elle passerait les examens pour décrocher le Diplômai, comme tous ses autres camarades âgés de dix-neuf ans. Elle se demandait fortement si elle avait toutes les qualités requises pour accéder à un niveau bien plus élevé de l’enseignement mage, un niveau dont seul un tiers des étudiants du premier cycle y accédait. En ferait-elle partie ? Dans tous les cas, elle se sentait prête pour passer l’étape des examens.
La mission de ramener des échantillons de créatures du Nexos était la plus compliquée à accomplir de tout le processus de passage au second cycle. Mais c’était bien la plus intéressante et la plus excitante pour les plus téméraires d’entre eux, donc ce fut avec un certain entrain que les élèves de la section invocation débutèrent leur excursion sur « l’île aux monstres ». Cela durerait approximativement une bonne semaine, une semaine en moins de cours et de soucis envolés durant un temps à cause de cette période d’épreuves. L’angoisse viendrait des chimères qu’ils rencontreraient sur leur chemin.

Pétroline et Tiphaine étaient assises sur l’une des tables installées pour les déjeuners. La petite brune parlait à son amie de tout ce qu’elle avait entendu sur le jeune homme qui avait été retrouvé blessé, ainsi que son djinn, sur l’île, tel un survivant de romans à sensation. La nouvelle avait bien évidemment fait le tour des élèves présents pour cette sortie extrascolaire, mais les professeurs et les adultes qui servaient d’accompagnateurs refusaient d’en révéler plus aux petits curieux qui tournaient autour d’eux afin d’en savoir plus. Personne n’osait poser de questions directement à l’intéressé, qui n’avait même pas su donner un nom. On l’avait installé dans une petite tente en toile blanche qui servait d’infirmerie de fortune.
Les babillages incessants de Tiphaine furent interrompus par l’arrivée d’un garçon plus âgé, qui s’installa près de Pétroline avec un grand sourire aux lèvres, tenant une écuelle de ragoût bien chaud. La rousse lui jeta un regard en coin.

− Syril, qu’est-ce que tu veux ? dit-elle d’un ton sec.
− Bah quoi ? J’ai pas le droit de manger avec ma petite sœur ?

Les yeux de Pétroline jetèrent soudain des éclairs mais le dénommé Syril était bien plus préoccupé par son plat qu’il mangea en un temps record et qu’il finit de nettoyer du bout des doigts, avec toute son élégance habituelle.

− Tu oses encore dire ça et je t’attache à un arbre, pour t’abandonner ensuite ici, menaça-t-elle.
− C’est vrai que des oreilles traînent dans le coin en ce moment… Non mais franchement, Pépé, arrête de t’en faire autant ! Tu risques d’avoir des rides avant tes trente ans à force de froncer aussi souvent des sourcils.

Il mit sa cuillère dans sa bouche et se mit à pouffer d’un air mesquin. La rousse soupira, sous le regard amusé mais indulgent de son amie qui avait observé la scène avec un certain intérêt. Comme Pétroline n’était pas encore une adulte à part entière, sa mère l’avait obligée à prendre l’un de ses grands frères avec elle pour le voyage, histoire qu’il garde un œil sur elle. Comme les trois premiers travaillaient, et que le dernier n’en foutait pas une de son existence, il avait été conclu que ce serait Syril qui partirait. Ce dernier n’avait pas rechigné l’offre, voyant en cette occasion la possibilité de s’amuser du secret bien gardé de sa sœur, et de draguer quelques jeunes et fraîches étudiantes au passage.
Tiphaine posa une main sur le bras de son amie, la sortant ainsi de ses pensées noires. Elle s’était penchée vers elle pour lui murmurer, le regard rivé sur le jeune survivant assis un peu plus loin.

− Je ne sais pas pourquoi mais il me rappelle toi, d’une certaine manière. Peut-être que si tu lui parlais, il dirait enfin quelque chose. Au moins son nom, qu’on puisse l’aider à rentrer chez lui une fois qu’on sera revenu à RH.
− Elle a raison, fit Syril en mettant un bras autour des épaules de la brune, après s’être levé. Les taciturnes s’entendent bien entre eux généralement, tu devrais tenter le coup Pépé. Sans doute que les grognements que vous pousserez pour communiquer éloigneront les autres de votre « conversation ».

Tiphaine le repoussa d’un puissant coup de coude dans les côtes, l’envoyant dans un buisson derrière eux, et reprit d’un ton neutre, faisant comme s’il n’existait pas.

− Allez Pétro, tu n’as rien à perdre, après tout. Je suis sûre que tu peux le mettre en confiance !
− Ça m’étonnerait, grommela la jeune fille.

La petite brune fit une moue dépitée, les mains sur les hanches en une posture sévère, puis elle eut soudain l’idée d’une dernière tentative afin de la convaincre. Une tentative des plus vile…



− Okay ! s’exclama brusquement Pétro, j’y vais, tu as gagné !

Et la grande rousse s’éloigna vers le jeune inconnu, ignorant le cri de joie de sa meilleure amie. Le mode « Pierin » se déclencha quand elle fut à son niveau.

− Je peux ? demanda-t-elle.

N’attendant évidemment aucune réponse de la part du garçon, elle s’assit près de lui et s’appuya sur la palissade. L’autre ne lui avait jeté qu’un simple coup d’œil, ce qu’elle ne pouvait que comprendre vu qu’elle avait la même attitude à l’égard des autres. Finalement, Pétroline se sentit bête en constatant qu’elle n’arriverait sans doute pas à le sortir de son apathie ; elle avait du mal elle-même, alors que fallait-il tenter ? Peut-être la franchise.

− Il va bien falloir que tu nous dises quelque chose, sinon tu risques de t’ennuyer ferme ici. Si tu restes tout le temps dans ton coin, les profs ne pourront pas t’aider à rentrer chez toi. Y’a aucune raison pour que tu sois méfiant envers nous. Ce serait la moindre des choses de remercier ceux qui t’ont soigné, tu ne crois pas ?

« Pierin » se détourna et se prit à observer le reste de sa classe.

− Et puis j’ai cru comprendre que tu étais aussi un invocateur, puisque tu sembles avoir un djinn. Tu as l’occasion de pouvoir t’entraîner avec des gens qui étudient cette matière… Je pense que tu devrais la saisir.
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Léodagan De Tigris

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Dim 5 Sep - 15:28

Léodagan avait depuis longtemps oublié ce qu'était l'ennui, pourtant il se rendait bien compte que l'inaction ne l'aiderait pas à oublier ses pensées noires. Ce qu'il aurait voulu à cet instant, c'était pouvoir ressentir à nouveau le vertige d'un vol en chute libre au dessus du fleuve Axona ou d'entendre le souffle rauque de son destrier au grand galop, une de ces sensations de liberté puissante qui ne laissent que l'adrénaline et la sensation d'être incroyablement vivant... Mais là, il avait l'impression de n'être qu'un oiseau cloué au sol, un cheval blessé que l'on ne veut pas abattre et qui tente de se relever en vain. Pathétique.

Les paroles de Pierin étaient comme des couteaux que l'on remuait dans ses plaies. Il aurait pu faire taire le grand roux d'une réplique cinglante mais ce n'était pas dans sa nature, et au fond il sentait que c'était nécessaire. C'est comme recommencer à sentir ses doigts après un froid terrible : incroyablement douloureux mais indispensable pour pouvoir à nouveau faire quelque chose de ses mains.

Léodagan n'avait parlé à personne mis à part son djinn depuis bien longtemps. Le contact humain lui manquait, même si tout ce qu'il avait à dire n'avait rien de joyeux. Il essayait de répondre mais il avait l'impression de ne pas avoir assez de souffle pour ça, il sentait sa gorge de bloquer à chaque tentative... Les bras sur ses genoux repliés, il fixait maintenant le bleu du ciel, la tête appuyée contre la palissade. De son côté Pierin essayait d'avoir l'air le plus amical possible en guise d'encouragement...
Après une grande inspiration, Léodagan finit par prendre la parole, évitant toutefois de croiser le regard vert de l'autre garçon.

- Ne voyez en moi aucune méfiance, j'apprécie au contraire le répit que vous m'offrez.... Cependant, je... j'aurais honte de rentrer chez moi ainsi, et pour tout vous avouer, l'idée de me retrouver à nouveau en face de l'une de ces créatures ne m'évoque que de l'effroi.

Sa voix était un peu crispée, un peu rouillée par le manque de pratique, mais son parler trahissaient immanquablement ses nobles origines. Et de fait, même en avouant ses peurs, il conservait tout de même une certaine prestance.

[HRP : Après le mec qui s'empiffre avec classe... Episode 2 : le mec qui a la trouille avec classe ! Mais nous dira-t-on enfin qui est ce Classe !?]
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Pétroline Herriot

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Mer 8 Sep - 15:32

« Pierin » écarquilla légèrement les yeux à l’entente du ton qu’employait le jeune inconnu. Tout dans le choix de ses mots indiquait qu’il venait d’une classe supérieure à la sienne. Cette découverte déconcertante finit par éveiller la curiosité de la jeune fille à l’allure masculine. Ce n’était pourtant pas dans ses habitudes de se mêler des affaires des autres, mais il y avait quelque chose chez ce garçon qui lui rappelait un peu sa propre condition. La peur décelée dans sa voix, sa façon de se tenir prostré, bien qu’il se sache sauvé et entouré de gens biens, son renfermement et son silence pesant, significatif d’un événement qu’il fallait malgré tout exprimer.

− Je comprends, ne réussit-elle qu’à murmurer, le regard tourné vers la terre à ses pieds.

La grande rousse demeura muette un court mais intense instant. Elle essayait de se convaincre qu’elle avait la capacité de le faire parler, qu’elle pouvait aller au-delà de sa propre envie de se taire et de tout laisser tomber. Cependant, les mots du brun tournaient en boucle dans son esprit, et l’incitèrent finalement à céder.

− Pourquoi… Pourquoi avoir honte de rentrer chez soi ? Retrouver sa famille et son foyer, n'est-ce pas nécessaire dans de tels moments de tourmente ?

Pétroline perçut une lueur anxieuse briller subrepticement dans les yeux du jeune inconnu face à ses paroles. Cela l’intrigua un peu plus encore. Que cherchait-il à cacher de si effrayant ? Et surtout qu’avait-il subi dans son passé pour que son expression soit aussi bouleversée ? La jeune fille voulait comprendre, et aussi apprendre à connaître un peu mieux ce garçon, afin de l’aider peut-être…
Une forme apparut sur son épaule, longiligne et souple, dotée d’un doux et agréable pelage ocre, et qui fit « nyooonn » à la vue du garçon aux cheveux bruns. Un petit sourire étira les lèvres de Pétroline quand elle prit la créature dans ses mains pour la lui présenter.

− Voici Arion, mon djinn. Je n’ai jamais su de quelle sorte d’espèce il provient, mais peu m’importe. Tout ce que je sais, c’est qu’il fait partie de moi autant que moi je fais partie de lui. J’imagine que tu te doute de quoi je parle, puisque tu as toi-même un familier. D’ailleurs, comment s’appelle-t-il ?


Elle s’agita soudain, manquant de faire choir Arion de son perchoir.

− Pardon, ce serait peut-être plus poli si je te donnais d’abord le mien. Je m’appelle Pierin, enchanté.

Maladroitement, elle avança une main vers lui.

[HS : je sais pas trop si j'ai réussi Léo, mais de toute façon c'est qu'un petit dessin sans importance]
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Léodagan De Tigris

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Dim 12 Sep - 22:13

Non, il ne peut pas comprendre. Celui qui n'a pas vu en face la gueule béante d'Ekthranexos ne peut pas comprendre.

Pourquoi avoir honte de rentrer chez soi ? Parce que retrouver son foyer est bien plus dur lorsqu'il faut faire face à toute une seigneurie ! Croiser le regard curieux de ses voisins n'a rien à voir avec le fait de franchir la porte de son propre palais, sans épée et sans cheval, habillé comme un roturier, et ce sous le regard des soldats et des notables que l'on devra un jour gouverner ! C'est impossible. La gloire que j'avais cherchée en partant se transformerai à mon retour en une grande déchéance. Je voudrais au moins ne pas perdre la face et tâcher de rattraper mes erreurs avant de penser à rentrer...


Léodagan regarda la main que Pierin lui tendait, puis fixa les siennes instant. L'escalade quotidien des arbres où il passait la nuit les avait rendues aussi calleuses que celles d'un paysans... Après un instant d'hésitation, il saisit la main de Pierin.
S'étant remémoré en quoi consistait normalement une présentation, il finit par prononcer son nom. Un nom qu'il n'avait pas entendu depuis des mois, fut-ce dans sa propre bouche.
- Je me nomme Léodagan, dit-il avant de se détourner à nouveau.
Il n'alla pas jusqu'à donner son nom de famille, il n'était pas en état de l'assumer. Dire son prénom était déjà un pas suffisamment difficile à faire dans le retour vers une identité.


Léodagan siffla soudain une longue note modulée. La vue de la petite boule de poil dénommée Arion lui avait rappelé que la compagnie de son propre djinn lui manquait, et c'était sa manière de l'appeler. Une minute plus tard la dragonne apparut entre deux tentes. Les étudiants s'écartaient prudemment sur le passage de ce grand serpent noir aux écailles brillantes. Tilla s'approcha, glissant sur l'herbe en ondulant. Contournant Pierin avec méfiance, elle vint se blottir contre Léodagan avec un chuintement de contentement. Si le petit Arion rentrait aisément dans la chemise de Pierin, Tillia ne pouvait que poser sa grosse tête sur les genoux de Léodagan. Ce dernier contemplait les grand yeux noirs de sont djinn mais, inévitablement, son regard glissa vers son aile blessée, une vision qui lui était insupportable.
Elle fait partie de moi, je fais partie d'elle... Et je l'ai entraînée avec moi sur cette île maudite ! Ekthranexos lui a arraché ses ailes, à cause de mon inconscience ! On n'aurait rien fait de pire pour me punir de ma bêtise, jamais je ne me le pardonnerais. Jamais.
Il avait fermé les yeux et flottait entre la douleur de ses pensées et le réconfort de sentir la présence de son djinn et ses écailles familières sous ses doigts.



Pendant ce temps, Pierin fixait l'aile déchirée de Tillia avec un certain malaise. Tout invocateur tient à son djinn au delà de l'imaginable. La pensée qu'il puisse arriver quelque chose à son petit Arion, fit frissonner Pétroline, et elle le serra fort contre elle. Comme n'importe quel invocateur confronté à une telle pensée, elle éprouvait une grande empathie. Ne sachant comment montrer sa compassion, elle se rapprocha un peu.
- Je suis désolée pour...
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase car Tillia avait, contrairement à Léodagan parfaitement remarqué son rapprochement et cela ne lui plaisait pas du tout. On n'approchait pas impunément son maître adoré. La dragonne poussa un long sifflement agressif en la direction de Pétroline puis se jeta presque sur elle, le cou tendu, les ailes déployées et ses babines retroussées dévoilant quatre grands crocs.








Pierin ne put retenir un mouvement de recul alors que Léodagan se levait précipitamment pour retenir Tillia.






- Tillia ! Hāc !
La dragonne recula instantanément (mais à contre-cœur) sur l'ordre ferme de Léodagan puis vint se rouler en boule à ses pieds en soufflant bruyamment. Son maître lui jeta un regard furieux.
Et bien cela t'es resté hein ! Tu ne peux toujours pas t'en empêcher !
Léodagan se rassit et regarda Pierin qui se remettait de ses émotions, il lui devait des explications... Il reprit la parole en soupirant.
- Veuillez me pardonner. Ce n'est pas la première fois qu'elle fait cela. Bien qu'habituellement...
Il ne voulait pas vexer son nouveau compagnon et ne comprenait pas du tout pourquoi son djinn avait agit ainsi, mais les faits était là.
- Habituellement, Tillia ne se comporte ainsi qu'en présence de... demoiselles, par jalousie. Expliqua-t-il.
Une conclusion étrange semblait découler de cette information. Serait-il possible qu'IL... soit en réalité... Léodagan chassa cette pensée qui lui semblait absurde et qui, de toute façon, ne changerait rien à la situation.


[HRP : Je le trouve bien ton dessin ^^ Parce que moi... disons que j'ai mieux réussi Arion que Pétro XD]
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Pétroline Herriot

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Dim 19 Sep - 12:10

Son cœur faillit faire un bond hors de sa poitrine lorsque la dragonne de Léodagan tenta de se jeter sur elle. Malgré son joli prénom, le djinn du garçon ne semblait pas avoir un caractère qui s’y accordait. Pétroline se remettait lentement de sa frayeur quand elle assimila enfin les dernières paroles de Léodagan. Instinctivement, son visage se fit de marbre, bien qu’au fond d’elle la peur ne se remette à lui tordre l’estomac. Encore une fois, son secret était en danger, ce qui lui rappela sa rencontre avec cet autre garçon… Zeck… Non, Zack. Cet autre garçon à qui elle avait dévoilé le fameux secret, mais comme elle ne le connaissait pas personnellement et que l’occasion de le revoir était quasi nulle, la jeune fille ne regrettait pas. Au moins s’était-elle sentie soulagée en le disant enfin à quelqu’un d’extérieur, un parfait inconnu qui avait semblé peu intéressé par cette découverte en plus.
La sérénité revint, détendant tout son corps. « Pierin » comprenait bien l’attitude qu’avait eu Tillia à son égard ; la protection du maître était bien plus importante que sa propre vie, et sans doute qu’Arion aurait réagi de la même manière s’il n’était pas si… menu. Cependant la jeune fille n’imaginait pas vivre avec un autre compagnon que lui. Il était ce qu’il était, et ça lui convenait.
Tout à coup, une silhouette s’abattit sur le dos de la grande rousse, qui se mit alors à tousser avec force. Tillia s’était remise à cracher toute sa colère de femelle jalouse et Léodagan avait reculé un peu plus encore, soudain très pâle.

− Couuucouuuuuuuu !! lança une petite brune familière de sa voix aigue. Moi c’est Tiphaine ! Ravie de te rencontrer !

Ne possédant pas la patience de Pétroline, la jeune fille n’avait pu s’empêcher de s’insinuer sans qu’on le lui accorde dans cette conversation privée. Pétroline grogna un mot indistinct, puis se retourna vivement vers son amie, le regard noir de reproches, comme pour lui dire sans que Léodagan ne l’entende de sa bouche : « mais qu’est-ce que tu fais là ?! ». Tiphaine hocha la tête pour signifier qu’elle avait compris, sans pour autant la lâcher et repartir en sens inverse. Elle resta plutôt accrochée à son amie, un grand sourire béat aux lèvres.

− J’espère que le mauvais caractère de Pé… Pierinouchet ne t’effraie pas trop ! reprit-elle d’un ton guilleret.

« Pierinouchet » faillit s’étouffer avec sa propre salive.

− Tiphaine… commença-t-elle d’une voix tressautante de menaces bien dissimulées sous un sourire forcé, tu ne pourrais pas aller voir ce que fait mon frère ? Je crois bien qu’il est encore allé traîner dans le camp des filles… S’il te plaît.

Vu que la petite brune comprenait toujours tout au premier degré, elle se détacha de la grande rousse et lança un « bien, mon capitaine ! », avant de s’éloigner en criant le prénom de son frère de manière peu discrète. Tout le monde se retourna à son passage et certains se mirent à rigoler quand elle trébucha sur une racine un peu plus loin, n’ayant pas pris la peine de regarder où elle mettait les pieds. Pétroline se détourna et poussa un profond soupir.

− Désolée que tu ai eu à subir ça, dit-elle au bout d’une minute de silence gêné. C’est une gentille fille, mais elle a tendance à se sentir trop proche des gens.

− Ce n’est rien, fit Léodagan. Excusez-moi si je vous parais trop franc, mais est-ce votre fiancée ?

« Pierin » s’agita brusquement, de nouveau embarrassé.

− Non, non ! Ce n’est qu’une amie ! C’est sans doute pour ça que ton djinn a mal réagi quand je me suis approchée de toi. Il a dû sentir l’odeur de Tiphaine sur moi. Je t’avais dit qu’elle était proche des gens… Eh bien, ce n’est qu’un doux euphémisme. En fait, elle est terriblement collante.

Un sourire d’excuse se dessina sur son visage. Léodagan parut se détendre à ses paroles, et se permit même d’étirer ses propres lèvres en ce qui ressemblait à un sourire légèrement amusé. Légèrement, parce qu’il ne semblait toujours pas remis de ce qu’il avait vécu ici, et que ce n’était certainement pas encore le moment pour lui de s’apaiser vraiment. Seul le temps pouvait le lui permettre, ainsi que peut-être le contact compatissant d’une autre personne. Pétroline ne savait pas encore s’il accepterait son soutien, mais désormais elle était décidée à être là pour lui, quoi qu’il se passe. Au risque de mettre son secret une fois de plus en danger.
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Léodagan De Tigris

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Jeu 23 Sep - 22:13

Léodagan se contenta de l'explication maladroite de Pierin concernant l'incident avec Tillia et ne chercha pas plus loin. Il était bien plus effaré par l'excès de familiarité et le comportement exubérant de Tiphaine. Il était rare pour lui de voir quelqu'un agir avec si peu de retenue, d'où l'effet (relativement) comique. En tout cas Léodagan compatissait d'avance pour le futur fiancé de cette fille...

La conversation aurait pu continuer sur des sujets légers concernant cette Tiphaine, les filles en général, le frère de Pierin... Mais Léodagan, jetant un regard vers Tillia pour vérifier qu'elle ne préparait pas une nouvelle tentative d'intimidation, vit que sa dragonne s'était éloignée. Elle était un peu plus loin, dressée de toute sa hauteur et semblait contempler le soleil qui déclinait lentement derrière une colline. Léodagan la rejoignit et s'arrêta à sa hauteur.
En se rapprochant, Pierin comprit que Léodagan et son djinn n'étaient pas en train d'admirer le coucher de soleil. Tillia devenait nerveuse et serpentait autour des pieds de son maître. Quand à Léodagan, l'inquiétude se reflétait dans ses yeux en même temps que les lueurs rougeâtres.
Je suis fatigué d'avoir peur. Fatigué de m'accrocher en vain aux dernier rayons précédant l'avènement des ténèbres... On ne peut pas aimer le coucher du soleil quand on sait ce qu'amène la nuit d'Ekthranexos...
Léodagan se retourna soudain vers Pierin.

- Je dois vous dire quelque chose. Cette nuit... il y a de fortes chances que nous soyons attaqués.

Passée la première surprise de cette annonce, Pierin se demanda ces craintes étaient fondées ou reposaient sur une quelconque phobie provoquée par trop de nuits dangereuses et solitaires : une peur compréhensible mais néanmoins absurde.

- On sait bien que le risque est toujours présent, mais les gardes et les professeurs sont aussi là pour ça. Je pense qu'ils sauront faire face à cette éventualité... Répondit Pierin avec un sourire qui se voulait rassurant.
- J'espère que vous avez raison... car si elle suit toujours ma trace comme je le pense...
- Attends, c'est quoi la créature dont tu parles, au juste ?

Pierin commençait tout de même à se demander si l'angoisse n'était pas contagieuse.

- … Je ne parle pas d'une créature, je parle d'une meute. Ce sont... des rats, qui ont la taille et la férocité des loups.

Alors que Léodagan revoyait la masse mouvante des bêtes noires traquant leur proie à la lueur de la lune, Pétroline imaginait difficilement à quoi de telles créatures pouvaient ressembler. En tout cas ça ne devait pas être beau à voir.

- Et ils sont combien ?

Léodagan frottait ses yeux éblouis par le soleil. Si seulement il n'y en avait qu'un ! Ils ne formeraient pas cette meute de chasse dont je suis la proie.
Il répondit d'une voix presque imperceptible.

- Une centaine, au moins...
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Pétroline Herriot

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Sam 2 Oct - 11:41

Pétroline ressentait parfaitement la peur qui taraudait Léodagan, mais cette peur se transformait désormais en angoisse, celle-là même qui va avec le mot « mort ». Quand il lui fit part de ses craintes, elle ne put s’empêcher d’éprouver le même genre d’émotion. La présence d’Arion sur son épaule la rassurait un peu, mais ce n’était pas suffisant. Elle soupira pour tenter d’évacuer un peu de cette sensation d’angoisse qui la prenait, puis releva la tête et regarda Léodagan droit dans les yeux.

− Tu en as parlé à un professeur, ou à un surveillant, au moins ?
− Non, je n’ai pas cru que ce serait utile, jusqu’à maintenant. Je croyais que ce n’était qu’un effet de mon imagination.
− Et donc là tu as la certitude qu’ils vont passer à l’attaque, c’est ça ? (il approuva d’un hochement de tête) Ce soir même ? (nouveau hochement) …

« Pierin » se détourna pour réfléchir, loin de la lumière aveuglante du soleil couchant. Elle n’arrivait pas à croire à cette éventualité, et pourtant, en Ekthranexos, tout était possible. Mais ils avaient plus de chances de subir un assaut des oiseaux poinçonneurs que d’une meute de rats géants, ceux-là mêmes qui préféraient se tapir dans des galeries en bordure de forêts. Ils s’aventuraient rarement dans les bois, à moins que… Cette espèce était particulièrement rancunière, et d’après les dires de Léodagan, elle le suivait depuis un moment… Un frisson la parcourut.

− Bon, je vais avertir le prof principal et nous aviserons sans doute en temps voulu. En attendant, allons nous reposer.
− Ne serait-il pas plus judicieux de déplacer le campement ? osa suggérer le jeune homme.
− Si ce que tu dis est vrai, ces rats nous suivrons même si nous allions nous installer plus loin.
− Certes, mais ce sera toujours un temps d’avance que nous aurons sur eux.

La bouche de Pétroline se crispa face à autant d’insistance.

− Tu as l’air vraiment effrayé par ces créatures…

Léodagan baissa la tête, l’air désemparé.

− Je suis vraiment navré de vous faire si peur… Mais je me devais de le dire.

La jeune fille hésita mais posa tout de même une main qui se voulait rassurante sur l’épaule du garçon.

− Ce n’est rien. Je pense que tu as bien fait. Maintenant, allons voir Monsieur Hébert.

*

Quelques heures s’écoulèrent et le voile de la nuit recouvrit totalement le ciel. Les élèves s’étaient installés dans leurs tentes, chacun dans le camp approprié. Tiphaine avait voulu que Pétroline reste avec elle, ayant entendu parler de cette histoire d’attaque nocturne, mais les surveillants avaient refusé de laisser un garçon séjourner chez les filles. En revanche, Léodagan avait accepté de demeurer dans la même tente que Pierin. Ils étaient encore éveillés quand Syril vint les rejoindre en tant que surveillant attitré, et bien qu’il ne fit rien de la tâche qu’on lui avait assignée, c’est-à-dire vérifier si tout le monde dormait bien. Au lieu de ça il se faufila silencieusement entre les lits et s’assit près de celui de sa sœur. La jeune fille lui présenta Léodagan et ils commencèrent à discuter de tout et de rien, surtout les deux rouquins, Léodagan préférant les écouter plutôt que participer activement. Il avait l’air plus à l’aise et Syril, tout pitre qu’il était, essayait de le faire rire par des remarques absurdes et des allusions scabreuses sur les filles du camp voisin.
Soudain, l’alarme se déclencha, réveillant tout le monde. Les élèves sortirent de leur tente, curieux de l’agitation qu’il y avait dehors, mais les professeurs les rabrouèrent et les incitèrent à demeurer à l’abri. Seuls Pierin et Léodagan passèrent inaperçus dans ce chaos ambiant, puisque étant accompagnés d’un surveillant. La grande rousse montra à son compagnon la créature qui leur servait d’alarme : il s’agissait d’un volatile au plumage bigarré et au bec long et large qui lui permettait de jouer les mégaphones. Il était perché près d’une torche, car la chaleur lui procurait assez d’énergie pour qu’il puisse continuer de hurler.
Léodagan, nerveux à son tour, posa la main sur le bras de Pétroline afin de lui montrer quelque chose. Il pointa son doigt sur les buissons qui longeaient la clairière où avait été installé le campement ; ils frémissaient et d’angoissants craquements s’en échappaient.

− Ils sont là, dit-il d’une petite voix.
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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Lun 25 Oct - 11:35

Léodagan fit un pas en arrière. Il chercha des mains la dague glissée dans sa ceinture. Ce n'était rien d'autre qu'un croc effilé d’une vingtaine de centimètres mais il lui avait sauvé la vie bien des fois.





Craquements...

Des branches bougeaient de temps en temps dans lueur tremblante de leur torche.

Respirations haletantes...








Silence...








Nouveau craquement...

Grognements, pas précipités.








Silence encore... Chacun retenait son souffle.








Bruits de cavalcades, jappements étouffés…



















Ils ne viennent pas.

On croit les voir surgir, mais ce n’est qu’une ombre qui passe et disparaît. L’attente. L’attente est pire que tout. Quelques secondes ? Quelques minutes ? Impossible de mesurer le temps que l’on passe à scruter un sous-bois en cherchant des yeux un ennemi invisible…
Cherchent-ils le meilleur moment ? Peut-être font-ils diversion pendant que d’autres s’approchent lentement par derrière…

Syril leva un peu plus haut sa torche pour tenter de distinguer quelque chose. Un silence tendu pesait sur le petit groupe. Personne s'osait faire un geste. Léodagan sentait son cœur battre trop vite et trop fort, c'en était presque douloureux. Ses yeux scrutaient l'obscurité dans un vas-et-vient incessant. Son souffle s'accélérait malgré lui. Les jointures de ses doigts blanchissaient, crispées sur son arme. Son esprit était empli des souvenirs des nuits précédentes. Il entendait les crissements des griffes escaladant le tronc de son arbre. Il pouvait à nouveau sentir la douleur des crocs lacérant ses jambes.



Mais les rats ne donnaient aucun signe de vie depuis de longues secondes… La meute avait-elle renoncé et passé son chemin ?

Non, c’est impossible...

Suivant son instinct, Léodagan fit volte-face. Juste à temps pour voir une bête se jeter sur lui. Il esquiva à temps et enfonça sa dague dans la gorge de l’animal.
Tillia s’était chargée des trois rats qui suivaient avec des coups de crocs bien placés. Pendant quelques secondes, le regard de Léodagan resta fixé sur le cadavre du rat géant, puis il leva les yeux pour voir arriver le reste de la meute.

Il n’entendait plus rien qu'un bourdonnement sourd à ses oreilles et la résonance de son propre souffle. Peut-être que quelqu’un criait quelque chose. Il n’en savait rien, il ne voyait plus que les petits yeux rouges qui semblaient le fixer, lui. Il pouvait distinguer les centaines de griffes et de crocs qu’il ne connaissait que trop bien et dont il avait déjà senti la brûlure.
La meute s'élança vers les trois adolescents dans un concert d'aboiements et de grognements féroces…

Mais elle ne parvint pas jusqu'à eux. Une grande chimère s’interposa entre les rats et leur cible. C'était l'invocation d’un professeur se trouvant non loin de là.
- Syril, bon sang ! Retournez avec les autres ! Cria-il.


Léodagan était là, face à la meute, et il ressentait une sorte de vertige. Celui qui donne envie de sauter de la falaise... Léodagan voulait mordre la langue du dragon, se jeter dans la gueule du loup pour mieux lui transpercer l’œsophage.
Il fixait les rats : gueules, crocs, langues haletantes... La peur et l'angoisse se transformèrent soudain en haine et en dégoût.
Arrachant la torche des mains de Syril, Léodagan s’élança vers la masse grouillante des rats suivi de Tillia. Ignorant les cris dans son dos.




La dragonne intimidait ses adversaires à grand renfort de sifflements et de battements d'ailes avant de se jeter sur eux.

A coup de pied, de poing, de dague. Croc contre croc. Léodagan fit gicler le sang, empalant les rats qui se jetaient sur lui, frappant à tort et à travers, égorgeant, éventrant sans relâche.



Tillia s’enivrait de sentir le sang couler dans sa gorge et l’odeur âpre emplir ses poumons. Elle tuait sans retenue, avec un plaisir animal qui transpirait jusque dans l'esprit de Léodagan. Le maître et son djinn se battaient ensemble au milieu de la meute. Ils luttaient aux côtés des chimères invoquées, avec autant de férocité qu'elles.
Se laissant emporter pas l'ivresse du sang, Léodagan ne pensait plus, oubliait la douleur et laissait son sang se mêler à celui des créatures qu'il tuait.



Mais des mains l’arrachèrent soudain au carnage.

Il ne protesta pas, se laissa traîner loin du front et s'écroula dans l’herbe, les bras en croix.
Sa respiration était haletante, rauque... Il préféra fermer les yeux pour ne pas voir les regards tournés vers lui. Léodagan revenait lentement à la réalité, prenant conscience de tout ce sang qui collait ses cheveux à son front et ses vêtements à sa peau.

Il ne voulait plus penser à rien.
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Pétroline Herriot

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Sam 13 Nov - 17:17


Tout avait été rapide et brutal. Malgré le noir ambiant et oppressant, Pétroline avait été frappée par le rouge si vif du sang qui scintillait sous la lueur de la lune. Le chaos, les cris, la panique avaient envahi le campement. Elle n’avait pas su quoi faire. Dépassée par les événements, elle n’avait pu que regarder l’assaut se dérouler. Et remarquer le plaisir qu’avait montré Léodagan en attaquant les monstres qui l’avaient si longtemps traqué. Son irrépressible besoin de sang et de chair avait choqué la jeune fille. Alors qu’elle avait eu affaire à un garçon au visage empli de douleur et de tristesse, alors qu’elle avait cru qu’il ne sortirait jamais de cette apathie pesante, elle avait eu devant elle un homme tout autre, une sorte de double maléfique qui avait pris son pied à tuer, découper et trancher. Oui, pris son pied, c’était la meilleure des expressions pour qualifier une telle attitude.
Pouvait-elle lui en vouloir d’avoir réagi ainsi ? De s’être comporté avec autant de sauvagerie dont pouvaient faire preuve ces créatures qu’il combattait pourtant. Le Nexos l’avait définitivement changé. La survie primait, et la loi du plus fort était au-dessus de toutes les autres règles.
On l’avait bousculée. Sur le sol, elle s’était enfin rendu compte du véritable danger. Si elle ne se défendait pas, elle risquait elle-même sa peau. Son frère s’agitait autour d’un petit groupe de jeunes pour tenter de les calmer. Alors Pétroline avait repris son masque de Pierin et s’était levé pour faire face, courageusement. Les professeurs étaient déjà en train d’invoquer et elle avait envie de les rejoindre. De montrer qu’elle était capable d’affronter une situation aussi grave avec ses propres moyens.
L’invocation avait été rapide et sans fioritures. Une sorte de félin ailé et aussi gros qu’une charrue était apparu, majestueux par son pelage de feu. Il avait bondi directement sur les rongeurs, poussé par son instinct de prédateur. Pétroline aimait cette chimère car elle savait toujours quoi faire sans qu’on le lui précise préalablement. Dans une bataille, mieux valait la vitesse pour ne pas se voir mourir dans les deux secondes suivantes. Le fait de s’être concentré sur son invocation lui avait permis de détourner son attention de Léodagan, mais maintenant qu’elle laissait faire le félidé, elle n’avait pas pu s’empêcher de jeter un coup d’œil dans la direction du jeune homme. Toujours aux prises avec des rats… Toujours les mains et les habits pleins de sang, le regard fou, les dents serrées par la fureur de vaincre. Elle s’était crispée. Elle ne pouvait pas le laisser continuer ainsi, sinon il risquait de perdre le peu d’humanité qu’il lui restait encore.
Vivement, et sans se faire remarquer, elle s’était approchée de lui et l’avait empoigné par le col de sa tunique. Ses propres mains avaient essuyé le sang gluant qui le couvrait littéralement. Il n’avait pas cherché à se débattre, tellement pris au dépourvu par cet arrêt soudain dans son combat. Elle l’avait ensuite traîné loin du carnage, ignorant les regards déconcertés de ses camarades qui s’étaient trouvés sur son chemin. Ils avaient assisté à la folie meurtrière de Léodagan, eux aussi. Elle aurait aimé pouvoir leur effacer la mémoire, simplement à cause de leur expression à mi-chemin entre le dégoût et la peur. Pour l’heure, il fallait seulement se préoccuper du jeune homme.

Le lendemain matin, les événements de la veille continuaient de hanter chaque occupant du campement. On avait tenté tant bien que mal de remettre de l’ordre, relevant les tentes tombées au sol, renforçant les palissades, les cadavres de tous les rats tués brûlant au loin, dans un champ. L’odeur de la chair brûlée avait envahi le camp et Pétroline dût prendre sur elle pour ne pas vomir dans la grande tente qui servait de réfectoire. Tout le monde était encore un peu secoué et avait du mal à déjeuner ce matin. Mais ils savaient qu’ils devaient reprendre des forces, en prévision d’une future attaque, si jamais les créatures survivantes décidaient de revenir se venger. La jeune fille avait donc suivi le groupe, songeuse et plus silencieuse que d’ordinaire. Syril avait tenté de la réconforter en la serrant dans ses bras, mais ce contact n’avait fait que crisper Pétroline un peu plus. La tendresse n’avait jamais été sa tasse de thé.
Un pan de la tente s’écarta et Léodagan entra, la tête baissée, dans le réfectoire. Beaucoup des personnes présentes le regardèrent, mais il ne sembla pas s’en apercevoir. Du moins, il ne s’en souciait pas.
Pétroline voulait savoir. Il était temps pour lui de tout lui dire, parce qu’elle n’aurait plus la patience d’attendre plus longtemps. Ce qu’elle avait vu la nuit dernière suffisait à la décider de lui demander des précisions sur ses mésaventures à Ekthranexos.
Elle le vit ressortir, après avoir attrapé un petit quelque chose à manger. Elle attrapa elle-même une pomme, qu’elle glissa dans une des poches de sa tunique verte, puis se lança à sa suite. En quelques enjambées, elle l’avait rejoint. C’était difficile de parler à quelqu’un de tout ce qu’il voulait oublier, cependant, elle était dès à présent déterminée. Une main sur son épaule suffit à l’arrêter.

− Léodagan…

[HS : eh oui, mes illus sont incroyables... P'tain, j'aime pas quand y'a pas d'alinéas !]
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Léodagan De Tigris

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Mer 1 Déc - 21:16

Il sursauta à ce contact inattendu et se retourna vivement. Il se détourna alors sans un regard de plus, retourna sous sa tente et s'assit sur son lit. Il garda la tête baissée lorsque Petroline entra à son tour et vint s'assoir près de lui.
Elle resta silencieuse un moment puis prit la parole :
- Je me doute que tu veux peut-être oublier ce qui s'est passé hier soir... mais moi je n'y arrive pas.
- … Ne croyez pas cela, je n'oublierais pas cette nuit... ni toutes les autres, répondit Léodagan d'un ton amer.
-Quelles autres ? Je t'en prie... Je peux t'écouter, parce que d'après le peu que j'ai pu constater de ta personne, c'est que tu as du vivre des situations vraiment difficiles. Cela se voit sur ton visage, dans tes mots, dans tes gestes. Tu ne pourras pas le nier éternellement.
- Vous ne pouvez pas comprendre.
Il soupira alors que Pétroline baissait la tête en se tordant les mains
-Je sais que je ne peux pas comprendre, mais je te parle juste de te prêter une oreille attentive, rien de plus.
-Cela ne sert à rien. Tout ce que je veux c'est quitter cette île et ne jamais revenir.
Pétroline leva vivement la tête et se tourna vers lui pour lui faire face, cette fois-ci déterminée.
- Si tu ne dis rien à personne, ça te hantera toute ta vie. Et tu veux partir en plus, ce que je peux comprendre, mais ça n'arrangera pas ton malheur, loin de là.
- Qu'en savez-vous ?! Et en quoi mon malheur vous regarde-t-il ? S'emporta Léodagan à son tour. Vous trouvez sans doute amusant de savoir comment est Ekthranexos en dehors de votre petit camp de vacances... Je vais vous le dire puisque vous y tenez tant ! Il vous suffit d'imaginer les belles chimères invoquées par vos professeurs s'élancer à vos trousses ! Et toute sortes de créatures vous guetter nuit et jour, attentive à la moindre inattention ! Voilà la vérité de cette île, et vous ne pouvez pas comprendre parce que vous n'avez jamais senti le souffle d'un prédateur sur votre échine...
Il se rassit lourdement, essayant d'oublier à nouveau ces souvenirs qui mêlaient les cauchemars et les hallucinations à une réalité qui n'avait déjà rien à envier à l'imaginaire. La tête entre les mains, il tentait de démêler ses sentiments confus : Sa colère dont il ne connaissait pas le véritable destinataire. La peur, toujours là, comme une empreinte profonde. La honte et la culpabilité, aux sources diffuses...
La voix de Pierin le sortit de ses pensées :
-C'est possible d'imaginer pour des invocateurs tels que moi l'horreur de ce genre de situations, mais le vivre vraiment... Non, je ne l'ai pas vécu, et apprendre que toi oui... Je suis désolée...
Je ne veux pas d'excuse, je ne veux pas de pitié. Je préfère encore le silence.
Changeant brusquement de ton, Pierin reprit, les sourcils froncés.
-Mais je ne mérite pas de subir ta fureur, parce que je ne suis pas la cause de tes malheurs !
- Peut-être mais ne me dites pas que vous n'y êtes pour rien...
Qui sème le vent récolte la tempête...
- Je suis comme je suis, peut-être un peu trop brusque, mais pour une fois j'essaye de m'intéresser à mon prochain. Est-ce qu'il faut me blâmer pour ça ? Je ne crois pas. Tu peux continuer à pleurer sur ton sort si ça te chante, et moi je ne chercherai plus à t'ennuyer.
Sur ces paroles, Pierin se leva et s'apprêta à sortir...
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Pétroline Herriot

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Jeu 23 Déc - 12:17

Oui, Pétroline était quelqu'un de maladroit, un peu trop brusque parfois, même avec les gens qu'elle appréciait. Elle ne savait pas comment manier ses propres émotions... Cela la dépassait complètement.
Mais l'attitude de Léodagan l'énervait vraiment, elle ne pouvait pas le nier. Si leur conversation continuait de cette manière, elle n'aurait pas la force de se contenir. Ainsi elle décida de partir, loin des conceptions si particulières de ce garçon. Toutefois, et alors qu'elle s'apprêtait à sortir, la main de Léodagan vint la stopper dans sa foulée. Étonnée, elle se retourna pour le dévisager.

- Attendez, cette situation est ridicule...dit-il, hésitant. Votre attention me touche, même si elle est maladroite. Si vous voulez m'aider, emmenez-moi faire autre chose plutôt que de parler de tout ça... C'est vers l'avenir que je dois me tourner...
D'abord circonspecte, Pétroline finit par lâcher le pan de la tente qu'elle avait attrapé entre-temps.
- Tu as raison... Peut-être serait-il intéressant pour toi de t'entraîner avec nous, non ? proposa-t-elle.
Léodagan fit une grimace.
- La dernière chimère que j'ai invoqué a essayé de me tuer... Vous comprendrez que c'est un peu trop tôt pour moi.
- Ah... certes, bredouilla-t-elle, l'air gêné. Hum... je crois qu'il y a un groupe d'élémentalistes qui est venu avec nous pour pouvoir renforcer leur pouvoir, notamment parce que l'île du nexos est reconnu pour ses importantes émanations de magie naturelle. On peut peut-être aller les voir... ou bien... tout simplement se poser dans un coin et ne plus penser à rien d'autre.
Il ne semblait pas très enthousiaste, ça la fit presque sourire... Elle croyait se voir en lui.
- Hum... Maniez-vous les armes, Pierin ? Cela fait une éternité que je n'ai pas touché une épée... dit-il d'un air rêveur.
- Non, pas vraiment. À part un bâton, une fois... Mais je suppose que ce n'est pas considéré comme une véritable arme ?
Il eut un sourire presque moqueur qui n'échappa pas à la jeune fille.
- Oh, je pensais plutôt à des épées... Histoire de faire quelques passes, et peut-être vous montrer comment on tient sa garde, en plus de quelques parades.
Elle le fixa avec suspicion.
- Que se passe-t-il ? J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
- Tu semble être un bon connaisseur de ces choses-là, dis-moi...
Il parut intrigué par sa réaction.
- Les armes sont-elles interdites dans votre pays pour que vous me regardiez ainsi ?
Les yeux de Pétroline s'écarquillèrent et elle passa une main nerveuse dans ses courts cheveux roux.
- Pas du tout. Du moins, je crois que non. Mais moi je viens d'Apartadiza, enfin, plus précisément, de Range Harbor. Là-bas on a souvent l'occasion de croiser toutes sortes de personnes qui aiment se battre avec des armes, je peux te l'assurer. C'est juste que... Seuls les jeunes mages mâles peuvent manipuler une épée, et ils font soit partie de la Garde, soit de la... Noblesse.

[HS : nous y voilà ! Je te laisse le plus important]
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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Sam 12 Fév - 0:16

Range Harbor,quelques souvenirs datant de quelques années : une ville bien étrange et une journée effroyablement ennuyeuse en compagnie des rejetons du Prince.
« la Noblesse »
Léodagan baissa les yeux et croisa les bras sur ses genoux. La réalité le rattrapait : Pierin et lui ne venaient pas du même monde et sa propre situation était inconcevable pour son rang... Il soupira.
-J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Demanda Pierin intrigué.
La seule explication qu'il pouvait donner dévoilerait ses origines... Se doutant que Pierin voudrait quoi qu'il arrive obtenir une réponse, Léodagan répondit malgré sa gêne.
- J'appartiens à la deuxième catégorie.
Pierin resta sans voix un moment, le temps de comprendre tout ce que cela impliquait. Puis il demanda, hésitante.
-... Tu es Noble... ? Comme Léodagan hochait la tête, il continua. Et depuis tout ce temps je te tutoie, ça ne semble pas te déranger plus que ça...
Tout cela a si peu d'importance. J'ai passé trop de temps à guetter une voix humaine, un murmure ou rien qu'un souffle pour me soucier de ces choses...
-La façon dont vous m'appelez m'importe peu...
-Très bien... Mais comment... Il n'osait pas demander. Comment es-tu arrivé jusque ici ?
Maintenant qu'il s'était lancé, quelque chose poussait Léodagan à tout raconter ; en parler n'était peut-être pas une mauvaise chose...
- C'est la question que je me pose sans cesse : Comment en suis-je arrivé là ? ... Par l'orgueil et la prétention de l'adolescent idiot que j'étais, j'imagine. Ce que j'ai fait était puéril et indigne de mon nom.
Tout en l'écoutant, Pierin alla soulever un pan de la tente pour l'inviter à le suivre dehors. Léodagan se leva et sortit, ignorant les blessures qui lui brulait encore les jambes lorsqu'il marchait.
-Tu parles d'erreurs de jeunesse ? Est-ce vraiment de ta faute si tu t'es retrouvé ici ?
Il s'arrêta et réfléchit un instant, le regard vague.
- J'ai volontairement fugué vers Ekthra-Nexos... Et j'ai pris un bateau qui a coulé. Il frissonna légèrement en repensant au froid terrible et aux vents hurlant sur les vagues. J'ai payé très cher cette erreur. Dit-il en regardant Tillia qui les avait rejoints.
- Je vois... Pierin caressa instinctivement la fourrure de son djinn. Est-ce que je vais trop loin si je te demande ce que tu fuyais, au juste ?
Léodagan eut un sourire amer et recommença à marcher.
- Le pire est sans doute là : je ne fuyais rien. En garçon effronté je voulais trouver "l'aventure" ! Quelle idée, c'est pathétique...
- Ça n'a rien de pathétique, je trouve. Un jeune garçon en pleine forme ne devrait pas rester les bras croisés chez lui. Il continua en prenant un air songeur. Je pense qu'on a tous besoin d'aventures...
- Peut-être mais c'était contraire à mon devoir... Et "l'aventure" ne se trouve pas sur Ekthra-Nexos.
- Pourtant beaucoup pense que si. Mais ça va sans doute au delà du terme "aventure"... Quelle sorte de devoir avais-tu chez toi ? Dit Pierin l'air curieux.
-Et bien... apprendre ce qu'il faut pour... succéder à mon père...
Malgré sa tentative pour éluder la question, Léodagan voyait dangereusement approcher le moment où il devrait expliquer l'activité familiale, il n'avait pas prévu que la conversation tournerait en ce sens.
-Ah, et il fait quoi ton père ?
Il était trop tard pour changer de sujet et mentir n'était pas dans sa nature, alors Léodagan préféra replonger dans son silence en s'adossant à la palissade qu'ils avaient rejoints.
Pierin se demanda pour la énième fois ce qu'il avait pu dire pour mettre Léodagan dans cet état. Il ne voyait vraiment pas ce qu'il pouvait y avoir d'embarrassant dans le fait de parler de son père.
-Tu peux bien me le dire, ça ne peut pas être si terrible que ça...

-...je ne préfère pas. Répondit-il après un silence.
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Pétroline Herriot

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MessageSujet: Re: Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]   Mer 1 Juin - 10:43

Pétroline dévisagea un instant le garçon et trouva qu’il avait perdu définitivement cet air enfantin que l’on a encore avant passer le cap de l’adolescence. Son silence, son air soucieux, la fatigue qui cernait ses yeux… Elle ne savait pas comment faire face à cela. Elle-même refusait bien d’avouer son secret à qui que ce soit, et ce n’était pas demain la veille que cela changerait. Alors elle pouvait au moins comprendra la réticence de Léodagan. Pourtant, au fond d’elle la curiosité continuait de la tirailler et lui soufflait impatiemment qu’il était temps de tout savoir de lui, que ça le soulagerait de parler. C’était comme si une partie d’elle-même était indépendante.
Elle serra le poing. Qui était-elle pour se permettre de poser des questions à un Noble ? Elle n’en avait aucun droit. Peut-être que c’était une histoire de donnant-donnant. Peut-être qu’elle devait lui dire son propre secret en retour, pour le mettre en confiance… Mais malgré ces pensées, elle ne parvint pas à se décider. Alors elle se détourna, adoptant une autre stratégie.
− Bon, très bien. Je vais te laisser alors.
Il releva la tête car entre temps il s’était assis sur une petite butte, un peu en dehors du camp. Elle surplombait un paysage vert sur lequel le vent passait et caressait paisiblement l’herbe grasse. Des oiseaux voletaient et piaillaient dans le ciel. Le tableau aurait pu apaiser le garçon, si seulement il en avait eu envie…
Pétroline s’arrêta.
− Je vais te dire une chose, lui dit-elle après avoir tourné la tête dans sa direction, peu importe ce que tu caches, peu importe ton histoire. Si tu estimes qu’il n’est pas nécessaire d’en parler, alors je respecterais ça. Mais je veux, avant de partir, que tu saches ce que je pense du peu que j’ai entendu.
Elle attendit son assentiment, et il finit heureusement par hocher doucement la tête, son djinn collé à lui.
− Si tu es parti de chez toi, c’est que tes raisons sont plus bien plus complexes qu’un simple besoin d’aventures.
Elle s’adossa à un arbre et croisa les bras.
− Je ne veux pas te faire la morale en disant cela, ou te forcer à prendre en compte mon avis. Je crois simplement qu’il faut que tu mènes ta vie telle que tu l’entends. Moi, tu vois, j’ai pu aller dans cette école de magie car j’ai eu beaucoup de chance. Ma condition ne me permettait pourtant pas d’aller au delà de la petite section ou de la moyenne, mais je me suis battue et je suis allée au bout de mes convictions. Je vaux autant qu’un nobliau ou je ne sais quelle progéniture de petits-bourgeois… Sans t’offenser.
− Ce n’est rien.
− Alors, tu vois ce que je veux dire, n’est-ce pas ?
− Oui, je comprends, mais…
− C’est ça le truc, il ne peut pas y avoir de « mais » si tu sais déjà sur quelle voie tu veux te lancer. Tu cherches l’aventure ? Les périples ? Une vie pleine de rebondissements ? Alors vas-y et oublie ceux qui parlent dans ton dos ou qui veulent penser à ta place.
− Vous semblez bien idéaliste tout à coup.
Il paraissait assez sceptique malgré les paroles de la jeune fille.
− Oui. Je t’avouerai que d’habitude, je suis loin de l’être…
Elle haussa les épaules et il eut un petit sourire.
− J’essaye juste de te donner un peu d’espoir. Ton existence ne s’arrête pas ici.
− J’aimerais le croire, soupira-t-il.
− Qu’est-ce qui t’en empêche ?
− Cet endroit sera à jamais un mauvais souvenir ancré dans mon esprit. Une vague sombre et terrifiante, un monstre parmi les monstres que j’ai affrontés et tués. J’ai parfois la sensation d’en être devenu un moi-même…
Il ne la vit pas rouler des yeux.
− Léodagan, j’ai une proposition à te faire.
− Laquelle ? s’étonna-t-il.
− Viens avec nous à RH et inscris toi à l’Hecama. Tu y recevras un enseignement sûr et réellement intéressant. Après je ne sais pas si tu peux t’inscrire comme ça librement, mais… Ca reste une option. Une voie à prendre parmi tant d’autres.
Elle glissa contre l’arbre et s’assit en tailleur.
− Dans tous les cas, ne reste pas enfermé dans tes mauvais souvenirs.

[HS : je me suis permise peut-être quelques petites libertés, dis-moi si quelque chose ne va pas. Sinon encore désolée pour ce gros retard >< je mérite le fouet. J'espère que cette suite te conviendra :') ]
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Ekthranexos, quand tu nous tient... [Début septembre 258]

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