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 Vos ailes de paon à la confiture de rhubarbe sont exquises, monseigneur !

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Andreas Stalstyrka

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MessageSujet: Vos ailes de paon à la confiture de rhubarbe sont exquises, monseigneur !   Mar 28 Juin - 14:40

C'était... comment dire ? Grandiose. La salle de réception du Castel venait d'être agrandie et, après des mois de travaux, la plus grande pièce de la forteresse ouvrait ses portes au tout-Noghal.
Les plus hautes et anciennes familles se dirigeaient petit à petit vers la grande porte, conviées par le Roi à l'inauguration. Ces tissus raffinés, ces bijoux finement sculptés, ces parures, ces coiffures rivalisant d'originalité, ces fourreaux du plus précieux cuir purent admirer l'immense sol en marbre gravé de runes, les voûtes hautes à donner le vertige. Les tapis brodés de mille détails qui paraient les murs. Les vitraux multicolores faisant entrer la lumière dorée du soleil. Les chandeliers aux centaines de bougies encore éteintes. Les statues d'ivoire. Les tables chargées de mets et de boissons.
On s'exclamait :
"Notre sire possède un goût sans pareil"
"Je me pâme en levant les yeux vers le plafond"
"Merveilleux. Magique ! Mon plus grand donjon ne possède pareil apparat."
"Sûr, votre donjon est une tourelle !"
"Je vous en prie, monsieur. Il est certes plus petit, mais mieux doré."
"Allons messieurs, ne nous querellons pas. Nous sommes ici pour admirer ce bijou d'architecture..."
"Certes ! et quel bijou ! La reine n'en a pas de pareil dans son écrin !"

La famille Feliscorpus d'Agaïa entra discrètement, saluant quelques amis au passage. Ils n'aimaient pas se faire remarquer. Fratel rappelait souvent à ses enfants : "Ce sont les petits marquis sans envergure qui se parent à l'excès. Les grands, eux, restent sobres car ils ont la prestance naturelle à leur condition". Ce à quoi Virgile et Athénaïs répondaient toujours : "pourquoi marquis ?" mais leur père ne répondait pas parce qu'il ne savait pas. Il n'avait absolument pas d'arrogance envers quelque marquis ou autre titre de noblesse, bien que lui-même soit duc. Il avait appris à ses enfants à ne pas être méprisant et à respecter tout le monde.
Tandis que Fratel se dirigeait vers un groupe d'hommes qui conversaient vivement, Louise fut accueillie par d'autres dames, toutes parées avec goût et raffinement.



" Ma chère Aldonie, quelle coiffe superbe !"
"Oh, ce ne sont que de simples perles, en revanche, vos gants sont exquisement soyeux."
"Je vous en prie, ils ne sont pas aussi doux que la dentelle sur les bras de Gwanaelle."
"Vous me flattez, Louise... je ne saurais être aussi en beauté que vous..."

Et, pendant qu'on échangeait courbettes chez les Dames, conseils chez les Messieurs, Virgile et Athénaïs se dirigèrent vers le centre de la pièce.

"Hé, Athénaïs ! Comment vas-tu ?"

L'intéressée tourna la tête : une amie de l'Hecama venait vers elle, tout sourire. La jeune fille leva la main, enthousiaste et les deux damoiselles s'éloignèrent en grande conversation.
C'est ainsi que Virgile se retrouva seul, un peu paumé. Il n'aimait pas les mondanités, préférant de loin les cavalcades entre amis dans les bois, ou les beuveries dans un pavillon de chasse isolé. Il leva donc le nez pour observer la salle dans toute sa splendeur. Avançant d'un pas, il percuta de plein fouet quelqu'un. Baissant la tête, il constata qu'il s'agissait d'un jeune homme à peu près du même âge. Celui-ci venait d'éviter de justesse une belle tache sur son costume et le calice qu'il devait tenir était tombé par terre.
Virgile le ramassa, se confondant en excuses, véritablement désolé de son étourderie.

- Je suis navré, monsieur. Vraiment, vraiment désolé, je... j'espère que vous n'êtes point sali. Je vous présente mes excuses... Navré de ma maladresse, je ne vous ai pas fait mal ?

Le pauvre Virgile espérait que le jeune homme n'allait pas se fâcher. Il n'aimait pas les confrontations mais il lui arrivait parfois perdu dans ses pensées de commettre des maladresses et de froisser quelque seigneur.

Les illus arrivent Razz
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Léodagan De Tigris

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MessageSujet: Re: Vos ailes de paon à la confiture de rhubarbe sont exquises, monseigneur !   Sam 22 Oct - 0:22

Laissez-moi vous conter ici les
conséquences de ce malheureux incident :




Le jeune seigneur, bien qu'offusqué de
voir un si bon vin abreuver le parquet, n'en aurait pas provoqué un
duel pour autant. C'est pourtant ce qui arriva, allez savoir
comment... Il est certains que les jeunes chevaliers de Thalisma ne
furent pas pour rien dans l'histoire. Le sang chaud, la parole
prompte, et au cœur l'envie de voir batailler, ils poussèrent sans
vergogne au combat les deux damoiseaux. Prétextant l'honneur,
l'affront ou le courage... Pour une histoire de vin renversé, ces
érudits en matière de boisson en aurait presque invoqué le dieu
des vignes ! Bref. Les dames aussi jouèrent leur rôle : prenant
parti pour l'un ou l'autre selon les penchants de leurs cœur, elles
eurent bientôt l'impétueux désir de savoir lequel des deux serait
le plus brave... ce qui réclamait un beau duel.




Léodagan n'avait pas pour première
intention de mener bataille en plein bal, cependant cette idée lui
semblait plus trépidante que de danser la pavane en tenant la main
froide de Valentine de Noghal.




Lassé du brouhaha des chevaliers, il
prit la parole :

« - Alons ! S'il le faut, réglons
cela par les armes sire Feliscorpus ! Cependant ne versons point le
sang dans la demeure du Prince. »




Tout le monde approuva avec entrain, et
l'on sortit dans une grande cour. Elle était ainsi que je vais vous
la décrire : Parfaitement carrée, avec tout autour un passage
couvert soutenu par de hautes colonnades. Une multitude d'objets
scintillants tapissaient les voutes et sur chaque colonne était un
flambeau qui s'allumait de lui-même à la nuit tombante. Le sol
était de marbre blanc poli et brillant, reflétant presque le ciel
rougeâtre du crépuscule. Et au centre de la place jaillissait une
fontaine d'eau claire mêlée de flammes.



On alla chercher un druide pour
arbitrer, puis les duellistes se placèrent face à face et des
écuyers apportèrent les armes.


Les gens formèrent un cercle autour de
Virgile et Léodagan, s'interrogeant sur les chances de l'un ou
l'autre des deux jeunes hommes. On imaginait l'un plus agile, l'autre
plus expérimenté... L'issue du combat suscitait une grande
curiosité.

Le druide alla lestement se percher sur
la margelle de la fontaine et annonça les protagonistes d'une voix
claire et forte. Il le fit dans les règles de l'art... cela prit
donc un certain temps.


« - Le duel oppose Monseigneur
Léodagan, fils de Léonidas De Tigris, seigneur de Tigris, petit
fils de Léontius, […] lui même fils de Léon Tigris le tueur de
dragons ; à Monsieur Virgile, fils de Fratel Feliscorpus d'Agaïa,
duc de... »

Ce discours fort long dont je vous
épargne une grande partie laissa au combattants le temps de s'armer.
Ils confièrent leurs longues capes brodées à des pages, et leurs
beaux habits disparurent sous les protections de fer.

Léodagan retrouva gaiement le
tintement des mailles, les odeurs du cuir et du fer, et aussi les
gestes familiers : serrer les courroies, ajuster son casque et ses
genouillères, sentir dans sa paume le poids de l'épée...




« - ...l'offensé a le choix des
armes, la magie n'est pas autorisée et le vainqueur aura
comptabilisé trois touches ou mis son adversaire à sa merci. Que le
meilleur gagne Messieurs ! »




La fin du discours sonnait le début du
combat. Virgile et Léodagan s'élancèrent l'un contre l'autre.
Chacun estima la force de son adversaire avec prudence. Puis leurs
coups se firent plus sûrs et plus vifs. Les épées étincelantes
s'entrecroisèrent avec fracas. La foule suivait des yeux les
enchaînements secs des coups et des parades, les esquives soudaines
et les déplacements rapides de Léodagan et Virgile. Leurs assauts
vigoureux raisonnaient dans les airs, comme la forêt raisonne de la
lutte des cerfs...

La nuit tomba rapidement et l'éclat
des flambeaux vint danser sur les lames mouvantes. Ajoutant à
l'honorable combat une beauté étrange.

Un tel spectacle comblait la foule,
mais le duel se doit d'avoir une fin. Soudainement heurté d'un coup
d'épaule, Virgile s'étala au sol dans un vacarme métallique. Il
avait négligé sa garde et il était maintenant à la merci de son
adversaire. Encore étourdi, l'épée sous la gorge, il dût admettre
sa défaite.













(Deux alexandrins se sont glissés dans
ce texte, à toi de les retrouver ! ^^)
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Andreas Stalstyrka

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MessageSujet: Re: Vos ailes de paon à la confiture de rhubarbe sont exquises, monseigneur !   Lun 14 Nov - 22:19

A la fin du combat le jeune Feliscorpus, nullement fâché et sans paraître le moins du monde humilié, se releva, salua très respectueusement le vainqueur du combat et, tournant le dos à la foule s'éloigna vers un endroit désert. S'il avait eu des poches, il aurait mis ses mains dedans.

Athénaïs le regarda partir avec circonspection, mais sans se poser plus de questions retourna avec ses amies à la salle de réception. Digne de son frère, une telle nonchalance qui autrefois l'exaspérait, elle avait compris qu'ainsi aucune pique, aucun quolibet en apparence ne pouvait l'atteindre. Quoi de plus déstabilisant lorsqu'on vous traite de gueux, que rire à gorge déployée en approuvant ?

Les convives retournés à leurs discussions vaines et sans intérêt, Virgile seul dans la nuit, allongé sous un chêne qui avait probablement connu la Jonction, le dos calé contre le tronc séculaire, sortit son couteau au manche d'ivoire. De la belle lame d'argent il commença à tailler dans un morceau de bois le félin familial, la panthère omniprésente sur l'ancestral écu. Ce n'était pas en vain que la lignée se voyait appelée « félis corpus ».

Virgile commença à fredonner un air païen et une voix reprit avec lui le couplet. Levant la tête étonné, voilà que notre homme aperçoit devant lui la figure souriante de Léodagan de Tigris ! Il n'avait pas l'air de tenir rancune au maladroit sculpteur de bois, dont la gaucherie disparut sitôt la bonne société hors de vue. Léodagan s'assit en face de Virgile. Agréablement surpris celui-ci demanda :

- Tu n'es pas resté là-bas ?
- Et toi-même, tu n'y retournes donc pas ?
- Je ne cause que des catastrophes, je m'ennuie et ma sœur m'insupporte !
- Tu n'aimes pas ta sœur ?
- Bien sur que si ! Mais pas quand elle fait sa grande dame. Je n'aime pas les fêtes avec tout ce monde que je ne connais pas. Mais toi ? Pourquoi tu n'y es pas resté ?
- Je n'ai absolument pas envie de me retrouver pendu au bras de Valentine. Ses grands pieds et sa peau flasque me font horreur !

Les deux hommes éclatèrent de rire. Au bout de quelques minutes de silence ils poussèrent un long soupir. Virgile fit subtilement remarquer que la Lune était aussi pleine qu'une Marie-couche-toi-là après une fête de village. On y voyait très clair et en tournant la tête on voyait, de l'endroit où ils se trouvaient, l'extrémité des écuries. Ils se regardèrent avant de se lever d'un commun accord pour une promenade à cheval, dans la forêt derrière le Castel. Ils se dirigèrent donc vers l'écurie, détachèrent leurs montures respectives, arnachèrent et se mirent en selle.

Les plaisanteries allaient bon train, les commentaires peu chevaleresques sur telle ou telle demoiselle.
« Heureusement que je ne plais pas à Églantine, sa bouche ressemble au cul d'un poulpe ! »
- C'est aussi vrai que la pauvre Pauline a autant de boutons sur la figure qu'un concombre sauvage ! 
- Et encore, le concombre sauvage on peut le manger. Pauline, même un troll n'en voudrait pas ! 
- C'est pas comme la Sibylle, celle-là...elle fait craquer les coutures !
- Montée comme une jument parait-il... Le fils d'Ornetoise a dit que quand elle rue même les cerfs à la saison se taisent.
- Le fils d'Ornetoise ? Noooon... il a monté la Sibylle ?
- Aussi vrai que mon cheval est bai ! Et pourtant c'est pas un taureau ! Paraît que le paternel de la damoiselle n'en a rien su.
- Tu penses ! Sûr qu'ils se sont pas collés sous le vitrail du sieur de Landron sinon il perdait deux pièces à son service ! »

Tout en éclats de rires et en échanges de propos raffinés ils arrivèrent au tournant d'un sentier devant un large pavillon bien entretenu. Virgile s'avança et au clair de lune distingua les armoiries de sa famille sur l'écu gravé au dessus de la porte.

« Tiens, je ne savais même pas que le domaine s'étendait jusque là ! Ou alors on a parcouru une sacrée distance parce que je le connais bien ce pavillon. J'y vais les yeux fermés depuis le château. Avec un peu de chance... »

Il sortit une clé de sa bourse et l'essaya sur la serrure de fer forgé. Ce n'était pas la bonne. Les deux hommes, pied à terre, attachèrent leurs montures aux anneaux et firent le tour.

« Normalement... ah ! »
Il y avait une porte cachée derrière un lierre épais. Celle-ci n'était pas fermée. De quelques coups d'épée ils dégagèrent l'entrée et allumèrent à tâtons les torches et les chandeliers.

« Mon ami, annonça Virgile à Léodagan dans un immense sourire, il y a là une petite cave réservée aux jours de chasse... Et pas que du vin. »

Il ouvrit un placard, dévoilant les bouteilles et les provisions renouvelées tous les quinze jours. Il sortit les pâtés, les pains et les bouteilles, puis des gobelets. Enfin Léodagan et Virgile s'installèrent et débouchèrent la première bouteille.

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