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 Le bruit du parquet sous des pas légers...

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Greta de l'Hesperanz

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MessageSujet: Le bruit du parquet sous des pas légers...   Jeu 13 Sep - 22:48

Le taxi s'arrêta devant une belle façade blanche dont l'imposant perron de marbre gris-rose empiétait sur le trottoir pavé.

La portière arrière s'ouvrit, une paire de richelieus à talons vert-impérial perlées se posa sur le sol, suivie de deux jambes aux courbes parfaites habillées de bas foncés. A mi-cuisse serrait une jupe à volants qui épousait la rondeur d'une paire de hanches auxquelles succédait une taille gracile et un buste souple, serrés dans un bustier assorti aux richelieus duquel jaillissait une gorge, des épaules et un cou sculptés dans le marbre, supportant le visage souriant et la lourde chevelure noire de la jeune femme que nous connaissons bien sous le nom de Greta.

La jeune femme referma la portière, et sortit de son sac un trousseau de clés qu'elle fit jouer dans sa main gantée avant de monter sur le perron comme une reine sur son trône. Elle fit glisser une des clés dans la serrure, tourna lentement et poussa les battants. L'air frais des murs de pierres du vestibule lui frappa le visage. Elle entra.

Le vestibule de par sa forme ressemblait plus à une anti-chambre. Greta jeta un coup d'oeil calculateur puis s'avança vers la double porte d'en-face. Ses talons résonnèrent sur le carrelage noir et blanc. La deuxième double-porte s'ouvrit... Et Greta, sourire aux lèvres, ressentit instantanément un immense sentiment de bien-être.

La pièce qui se présentait à elle était circulaire, percée de hautes fenêtres. Le sol, recouvert d'un parquet sombre, atténuait la clarté des murs blancs. En face, une grande cheminée. A droite, une porte donnant sur une magnifique salle-de-bain.
A droite et à gauche, deux escaliers épousaient la forme de la pièce et se rejoignaient sur une mezzanine qui faisait le tour et surplombait intégralement le rez de chaussée. Greta ôta ses chaussures, posa son sac-à-main et ses gants par terre et se dirigea vers l'escalier de gauche. Le parquet craqua légèrement sous ses pieds. Elle se mit à monter les marches lentement, sa main glissant sur la douce rambarde. La mezzanine était assez profonde en face, et carrément spacieuse au dessus du vestibule. Les fenêtres étaient plus petites et le parquet plus clair.

La jeune femme rejoignit l'autre escalier, hésita un peu puis s'assit en amazone sur la rampe, face au vide, et se laissa glisser à toute vitesse jusqu'en bas, riant comme une gamine. A ce moment elle réalisa depuis combien de temps elle n'avait pas ri franchement et avec le cœur. Depuis quelques mois, ses affaires prenant de l'importance, même Vasken n'avait plus vraiment de temps pour elle.

Il était plus que temps de venir s'installer à Consortium et de reprendre tout à zéro.
Abandonnant ses pensées, elle sortit un plan de son sac et le déplia. En tournant la tête à gauche, elle aperçut ce qu'elle cherchait : une autre double porte. Allant l'ouvrir, la jeune femme déboucha sur une belle cuisine carrelée de noir et blanc. Le four, les plaques, les plans de travail étaient cuivrés, les deux fenêtres assez grandes. Une vraie cuisine de restaurant. Une autre porte, beaucoup plus discrète, donnait sur un réseau de couloirs et d'escaliers étroits réservés au service qui rejoignaient les chambres de bonnes sous les combles.
Greta retourna mettre ses chaussures et descendit à la cave. Elle ne l'avait jamais visitée et ne savait pas à quoi s'attendre, en dehors de la superficie indiquée sur le plan. Elle descendit prudemment quelques marches, poussa un panneau de bois flotté et découvrit le sous-sol de sa nouvelle maison.

Aussi spacieux que la superficie de la maison, étonnamment clair, le sol pavé de pierre blanche, les murs irréguliers semblant avoir été creusés par l'eau, gravés de symboles ésotériques. Côté jardin, une immense véranda forgée dans le plus pur style art-nouveau, parcourue de plantes vertes. Greta constata que la rue était donc plus haute que le parc d'au moins deux mètres. Côté rue, aucune vitre mais un bassin de marbre vide, entouré de marches qui servaient sûrement à s'asseoir et au centre du bassin une fontaine, le tout éclairé par des jeux de vitraux qui reflétaient la clarté venant du jardin. Greta se promit de remplir cette belle piscine dès que possible. Et l'espace disponible était parfait pour faire transférer tout son matériel d'alchimie.

Les meubles commandés sur mesure ainsi que ceux rapatriés de Sperandei, sa garde-robe complète, son matériel de travail, les tapisseries, les peintures, les lazures, les fournitures sur catalogue, tout devait arriver demain dès l'aube. Les habitants du quartier devaient se préparer à une procession de camions de déménagements.

Excitée, impatiente, et pressée de se retrouver dans son nouveau nid douillet et de profiter pleinement des soirées de Consortium, Greta remonta les marches, sortit de la cuisine, regagna le vestibule, remit ses gants et son sac et sortit. Le taxi garé plus loin redémarra pour la reprendre.

Alors qu'elle refermait sa maison à clé, une pensée vint effacer son sourire. Elle n'aurait personne avec qui partager son enthousiasme et son bassin de marbre.
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Greta de l'Hesperanz

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MessageSujet: Re: Le bruit du parquet sous des pas légers...   Sam 15 Sep - 14:30

Appuyée sur l'encadrement de la porte, Greta regarda partir les camions de déménagement. Un voisin aux favoris blancs et aux lorgnons dorés, probablement médecin ou docteur, vint la saluer. Greta ne l'écouta qu'à moitié mais répondit avec amabilité comme elle savait si bien le faire.

Lorsque le dernier fourgon de livraison eut disparu au bout de la rue et que le vieil homme fut reparti, Greta rentra précipitamment, ferma la porte à double-tour, se déchaussa et courut dans son salon. Pieds nus sur le parquet, elle leva la tête vers le plafond et se mit à sautiller sur place, tenant ses joues, la bouche grande ouverte dans un cri de joie silencieux. Elle se débarrassa de sa veste qui atterrit sur un fauteuil baroque et se précipita dans les escaliers, monta les marches quatre à quatre et courut jusqu'à son lit. Immense, moelleux, avec un baldaquin et de lourdes tentures, des tonnes de coussins, elle l'avait fait venir de Sperandei. Elle ne s'était pas résolue à le quitter. La jeune femme, les cheveux en bataille, grimpa dessus et sauta à pieds joints plusieurs fois, les rebonds faisant presque toucher sa tête au plafond tapissé du baldaquin. Puis elle se laissa retomber allongée et resta là, comme une poupée de chiffons, enfoncée dans les oreillers, le sourire au lèvres et le souffle court.
Mais Greta ne tenait pas en place. Elle se releva d'un coup, les boucles emmêlées, redescendit en glissant sur la rambarde et sentit que cette méthode allait devenir une habitude. Elle sauta avant de cogner le pilier d'arrivée, son élan l'emporta au milieu de la pièce dans une espèce de valse folle, puis elle se dirigea vers une étagère.
Les murs arrondis de la pièce étaient à présent couverts de livres, d'objets hétéroclites, de boîtes, de parchemins du sol au plafond. Greta fouilla dans un des casiers où étaient alignés les vinyles qu'elle avait dégoté aux puces quelques jours auparavant, sortit la pochette d'un groupe de jazz bien connu à Consortium et mit en marche le tourne-disque. Il crépita un peu avant d'emplir la pièce d'une énergique intro de saxophone.

Greta se calma un instant, réfléchit puis baissa le volume et se dirigea vers le guéridon où était posé le téléphone. Elle s'appuya sur ses coudes, décrocha et tourna plusieurs fois le cadran pour composer le numéro de Vasken. Personne ne répondit. La jeune femme fit une moue contrariée et fit le numéro de son bureau. Il décrocha au bout d'un moment qui parut interminable à Greta.

« Allô ? 
- Vasken !
- Oh ma chérie ! Comment tu vas ? Tu pourrais passer me voir de temps en temps... Je suis collé au bureau en ce moment, tu me manques tu sais ? Et ta maison ?
- Impeccable ! Elle est parfaite ! C'est idyllique. Tu verrais le jardin ! J'ai deux piscines, une dedans et une dehors, et...
- Euh, malheureusement j'ai pas trop le temps, qu'est-ce-que tu voulais me dire ?
- Ben... je voulais que tu viennes... qu'on profite ensemble... qu'on inaugure, tu vois ?
- J'aimerais... mais là je peux pas. Je dois faire les comptes pour le Patron dans dix jours et on a une fuite. On arrive pas à le chopper, aucun indice, que dalle, et si mes hommes l'attrapent pas je donne pas cher de ma peau. »

Les derniers mots et le ton grave de Vasken firent frissonner Greta. C'est la première fois qu'il y avait une tuile de cette taille, car d'habitude les affaires roulaient toutes seules.

« Tu as besoin d'aide ? Tu veux que je vienne ? Tu sais que je peux obtenir ce que je veux de n'importe qui. Si il y en a un qui ne veut pas parler...
- T'es sympa, mais je veux pas que tu t'en mêles. On sait pas à qui on a affaire tu sais...
- Depuis quand tu joues les papa-poules ?! Je veux pas te retrouver au fond d'un canal avec des chaussures en béton ! J'arrive.
- Non ! Greta ! N... »

Greta avait raccroché. Elle arrêta la musique, monta l'escalier d'un pas résolu, l'air grave. Elle ouvrit d'un geste sec une des portes de l'immense penderie, se changea, se recoiffa et redescendit. Elle se précipita vers le laboratoire, dans le sous-sol, attrapa une petite sacoche rouge foncé, la mit dans son sac à main et sortit de chez elle après avoir prévenu Tiburce qu'elle sortait.
Ce dernier s'amusait dans sa chambre : Greta avait fait tomber un mur sous les vastes combles pour faire de deux chambres une seule, l'avait faite repeindre et décorer pour que son jeune valet soit bien installé. A côté étaient installées les deux autres employées, des jumelles d'âge mûr que Greta venait d'engager.

La jeune femme sortit. Le taxi qu'elle avait appelé venait juste d'arriver. Elle monta dedans, indiqua au chauffeur de se rendre sur la grande place du centre-ville, où se côtoyaient maisons de haute-couture, centres de soins de luxe, cafés huppés et où trônait le casino dont Vasken était directeur.

(>suite<)
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MessageSujet: Re: Le bruit du parquet sous des pas légers...   Sam 22 Sep - 23:30

(>Début<)

Vasken s'adossa à l'encadrement de la double-porte tandis qu'il observait sa compagne se déchausser au milieu de la pièce ronde. Son regard était froid, son visage fermé. Elle se tourna vers lui avec un sourire candide, les boucles en bataille et les joues roses. Son air rieur s'évanouit devant le visage glacial de Vasken.

« Quoi ? »

Ce dernier se redressa d'un coup d'épaule et commença à arpenter la pièce, regardant vaguement les étagères. Soudain il se tourna vers elle et lança d'une voix mêlant colère et incompréhension :

« Qu'est-ce qui t'as pris ? Pourquoi ? »
« Pourquoi quoi ? »

Vasken secoua la tête, faisant tomber ses mèches blondes sur son front.

« As-tu la moindre idée de ce que tu as fait tout-à-l'heure ? »

Greta, tête baissée, balançait ses bras. Lui, agité, prenait son nez entre ses doigts ou les posait sur son front, tout en piétinant dans le salon.

« Mais qu'est ce qui peut-bien se tramer dans ta tête ? C'est quoi ? Y a quoi dans ta tête ? »

Il s'arrêta un instant pour planter son regard noir dans celui de la jeune femme, qui leva les yeux comme une enfant qu'on gronde après une grosse bêtise.

« Greta ! Tu les a fait mourir de peur ! »
« Tu... tu m'as demandé de les faire parler... »

Vasken soupira et reprit d'une voix plus douce :

«Mourir de peur, Greta... au sens propre du terme... t'as carrément traumatisé mes hommes ! »
« Tu voulais que je fasse quoi ? Les potions de vérité c'est dans les livres, ça n'existe pas ! »
«Dans cette sacoche, Greta... » Il montra du doigt le sac de tissu posé sur le guéridon du téléphone.  « Dans cette sacoche, il y a un produit qui peut faire mourir quelqu'un de peur ! C'est pire que de la torture ! »
« Pfff, les trous à rats de cette ville sont pleins de gens qui prennent de la drogue hallucinogène, qui font des mauvais trips et qui meurent d'overdose ! »
« Mais là ça n'a rien à voir... est-ce que tu es consciente de tes actes ? »
« Et toi ? »

Vasken ne répondit pas de suite. Il ne savait plus si Greta était une jeune femme inconsciente et déséquilibrée ou une véritable créature noire et vénéneuse jouant son rôle à la perfection. Il n'était pas sûr qu'elle-même le sache. Soudain elle releva la tête et sourit.

« Alors ? On ne devait pas inaugurer ma maison ? »

Elle avait dit ça comme si ils revenaient d'aller faire les boutiques ce qui cloua Vasken sur place. Il jeta un regard froid à sa compagne et se dirigea vers la porte donnant sur le vestibule.

« Je suis pas sûr d'avoir envie de m'amuser ce soir. »

Alors que Greta tendait les bras, un air surpris sur le visage, Vasken sortit en claquant la porte derrière lui. La jeune femme resta plantée seule au milieu de son salon, bouche bée, les yeux fixés sur la porte. Puis elle monta les escaliers tel un robot, se déshabilla et se laissa tomber sur son lit, en sous-vêtements, blottie sur elle-même, les yeux pleins de larmes.
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MessageSujet: Re: Le bruit du parquet sous des pas légers...   Ven 2 Nov - 1:02

(suite de ><)

Le taxi s'arrêta entre deux platanes, devant la belle maison blanche. La portière s'ouvrit et une Greta enjouée en sortit. Elle monta les marches en sautillant avant d'ouvrir la porte d'un geste ample. Elle venait de se faire tailler en pièces par Vassili Liekaterinev juste après une dispute avec son amant au sujet d'un meurtre et tout cela lui avait donné comme une envie de chocolat.
En posant son chapeau sur le perroquet de l'entrée, elle s'était dit qu'elle aurait du être effondrée, ou au moins très très déprimée, mais ces souvenirs n'étaient pas mauvais dans sa tête, elle se sentait plutôt bien même ; elle haussa donc les épaules et décida de profiter d'un de ces rares moments de béatitude.

L'écharpe glissa sur un fauteuil, les chaussures restèrent à l'abandon sur le carrelage du hall. Un chocolat chaud fut posé sur la table basse, la robe tomba en plis légers sur le lit tandis qu'un kimono de soie Neferi la remplaçait sur le corps de la jeune femme. Greta redescendit au salon et fouilla dans une vieille malle pleine de bobines. Après en avoir choisi une, elle déroula le grand écran blanc fixé sur le seul pan de mur qui n'était pas couvert d'étagères et plaça la bobine sur le projecteur.

Une ombre passa furtivement sur l'écran. Greta se retourna et put voir Tiburce se cacher derrière un fauteuil. Elle sourit tendrement et lui tendit la main, alors il s'avança avec un air espiègle sur le visage.

« Puis-je regarder le film aussi ? »
« Mais bien sûr que oui ! Va te chercher un goûter et ferme les volets. »

Pendant que le garçon s'exécutait, Greta lança le projecteur. Puis ils s'installèrent tous deux dans le canapé, des coupes de crème chocolat noyées sous la chantilly à la main. La bande-son crépita, la bobine poussiéreuse sauta un peu et puis il y eut les « bip » accompagnant le décompte des cinq secondes avant le début du film, ces fameux chiffres encerclés qui laissèrent bientôt place au visage sérieux du héros.

Greta et Tiburce étaient penchés en avant, comme pour essayer d'entrer dans la scène, les yeux grands ouverts, leurs mains crispées sur les cuillères -celle de Tiburce encore plantée dans sa bouche vide, attendant de savoir si le super agent-secret allait réussir à sauver la fille menacée par le méchant. Au moment où le garçon faisait remarquer qu'elle aurait très bien pu s'en sortir seule si, au lieu de faire les yeux doux au héros, elle s'était entraînée, on sonna à la porte. L'une des deux servantes alla ouvrir pendant que Greta expliquait à Tiburce que la fille servait en fait de faire-valoir aux sentiments du héros . La servante entra dans le salon avec une enveloppe sur un plateau, la jeune femme lui fit signe de la poser sur le guéridon sans quitter l'écran des yeux parce que le vilain venait de capturer l'agent secret, puis demanda pour Tiburce et elle de nouvelles coupes de crème chocolatée et des jus d'orange.
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