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 Angel Dust : kindergarten

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Djazz Dickinson

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MessageSujet: Angel Dust : kindergarten   Jeu 20 Déc - 16:54

Djazz dut encore faire dégager le porcelet du fou du rez de chaussée pour pouvoir monter les escaliers. Cette sale bestiole se vautre toujours dans la flaque de boue permanente qui coule depuis la bouche d'égout béante et fait des bruits insupportables quand on lui donne des coups de pieds. Elle trouva sa porte ouverte en arrivant en haut : croyant avoir oublié de verrouiller en partant le matin, elle poussa le battant de ses doigts crasseux, laissant quatre empreintes digitales noires sur le bleu décapé du bois et entra. Aussitôt qu'elle fut descendue dans la cuisine, le grille-pain sortit de sa torpeur et se saisit de deux tranches de brioches pour les mettre à chauffer. Elle venait de balancer son sac sur le canapé et s'apprêtait à ouvrir le frigo lorsque retentit un « Aieuuuh » sonore dans l'appartement. La jeune femme sursauta, remonta les marches de la cuisine et un tas de boucles blondes apparut derrière la banquette.

« Djazzy tu pourrais faire gaffe >< »

Elle resta quelques secondes stupéfaite puis sourit et vint se jeter sur son frère comme un sac. Tous deux se cassèrent la gueule sur le parquet en riant comme des idiots.

« Heeey comment t'as fait pour rentrer mon salaud ? »
« T'avais oublié de fermer ta porte. J'ai eu ton adresse y a deux jours, tu m'as manqué ! C'est que t'avais disparu de la circulation ces derniers mois ! »

Le sourire de Djazz s'effaça aussitôt, elle se releva et retourna dans la cuisine, Billie sur ses talons.

« Ouais. Je croyais que t'étais blindé de thune ? »
« Bah écoute, mon banquier m'adore ! »
« Je sais, ouais. T'aurais pu payer ma caution. »
« Ça t'as pas fait de mal. Tu l'méritais ce séjour à l'ombre. »

Djazz fixa son frère avec de grands yeux pleins de colère. Un mélange de stupéfaction et de reproches se dessina sur son visage. Elle ouvrit la bouche pour parler, rien ne sortit, puis elle se tourna vers le frigo.

« T'as bien retourné ta veste depuis que tu la fais tailler sur mesure. » lâcha-t-elle d'un ton amer. Billie mit les mains dans les poches et se laissa tomber sur les marches. Il venait de troquer son air habituel d'ange innocent pour celui de grand frère protecteur, celui qui le faisait tellement ressembler à Papa... le seul regard que Djazz ne pouvait soutenir sans baisser la tête. Ce qu'elle fit, tandis qu'elle versait du lait sur ses céréales.

« Sans ça tu serais restée dans les Docks à rien foutre et à vivre dans un squat crasseux. T'as un boulot fixe et un appart génial ! De quoi tu te plains ? Alleeez, je suis pas venu me disputer avec toi. »
« Et donc... ? »

Billie se leva pour aller fouiller dans les placards, en sortit un pot de pâte au chocolat et l'ouvrit.

« T'as pas une petite cuillère ? »
« Elles sont toutes sales » répondit Djazz en pointant du doigt l'évier et sa pyramide de vaisselle à l'équilibre précaire. « T'as qu'à en laver deux, il m'en faut une aussi »
« T'abuses, franchement » soupira Billie en se saisissant de l'éponge.
« Excuuuuuse moi, oui, j'ai de la vaisselle sale : je ne vais pas manger en ville à chaque repas, môssieur. Et j'ai pas une bonniche qui vient laver mon carrelage deux fois par semaines. Et je cumule deux emplois donc pas franchement le temps de faire les tâches ménagères. »
« Et la boîte de conserve avec pleins de bras, là... il passait la balayette quand chuis rentré, il peut pas faire la vaisselle ? » Billie tendit une cuillère à sa sœur qui entama son bol, tandis que lui même piochait la pâte à tartiner en prenant soin de bien racler les bords du pot.
« Je l'ai pas encore programmé pour ça. Et il s'appelle Bebop j'te signale. »

Une minute de silence s'écoula, ponctuée de bruits de mâchoire et de cuillères contre le verre. Djazz but bruyamment un peu de lait en observant son frangin par dessus le bol.

« Dis, ta nounou ne va pas apprécier que tu te gaves de conneries, la pâte chocolat c'pas top, tu vas plus rentrer dans tes caleçons en cachemire néféri » lâcha-t-elle avec un sourire sarcastique. Billie ferma les yeux et prit un faux air très sérieux et un peu vexé.
« Abbott n'est pas ma nounou, je te prie. Abbott est mon ââââggggent. »

Djazz éclata de rire en voyant la gueule de nouveau riche de son frère et cracha ses céréales. « Merde, regarde ce que tu me fais faire avec tes conneries :') »
« Bwahaha eeeeelle est crado, eeeeelle est crado bouuuuuh ! Bouuuuh »

Djazz posa son bol et vint se jeter sur les épaules de Billie. Celui-ci agrippa ses poignets, la souleva comme un sac sur son dos et l'emmena sur le canapé tandis qu'elle s'accrochait comme un koala. Il la laissa tomber, elle lui tira le col et tout deux furent déséquilibrés et se cassèrent la figure une deuxième fois. Ils restèrent emmêlés sur le parquet à rire comme des débiles les yeux fixés sur le plafond. Puis quand ils se furent calmés, Billie aida Djazz à se relever, renifla et lui frotta le sommet du crâne.

« Ça te dirait qu'on aille se la péter en centre-ville ? On va s'acheter des trucs cher et inutiles et manger des gâteaux hors de prix. »
« Ouais, en gros on va faire les boutiques entre copines ? »
« Ouaaais, en gros ouais. »
« Je sais pas si t'as remarqué mais je suis pauvre en fait >__> »
« Pas grave je paye pour toi, j'ai que ça à foutre de dépenser mon fric »
« T'as bien de la chance »
« Fallait suivre mon exemple »
« T'as pas d'honneur »
« Non mais j'ai du pognon »
« Tu fais chier, allez, on y va. »
« Wééééé ! »

Billie sauta hors du canapé en tirant Djazz par le bras. Il la poussa dans la salle de bain, commença à la désaper et la poussa dans la douche.

« Tu comptes pas y aller en mode je-sors-du-boulot quand même ? Tu pues l'huile de moteur ! »

Djazz se retrouva plantée dans la douche à moitié en sous-vêtements et les bottines encore aux pieds. Elle fixa Billie d'un air plus que blasé. Ce dernier était en train de fouiller dans le placard à la recherche de gel douche mais ne trouva rien. Toujours accroupi, il se retourna vers Djazz.

« Bon qu'est ce que t'attends pour te laver ? On va pas y passer deux heures ! »
« Non mais Billie putain TU SORS »
« Sérieux, Djazz.... j'ai changé tes couches et torché ton cul, et même je t'ai appris à nager alors va pas me la jouer pudique ! Dépêche-toi ! »

Djazz foudroya son frère du regard, tira violemment le rideau de douche et jeta le reste de ses vêtements au milieu de la salle de bain, en prenant bien soin de balancer ses bottines à la figure de Billie.

« Quand je sortirai tu te barres okay ! C'est ma salle de bain pas la piscine municipale bordel ! »

Il leva les yeux au ciel, tira la langue en direction du rideau et retourna patienter dehors en farfouinant d'un air distrait.
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Djazz Dickinson

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MessageSujet: Re: Angel Dust : kindergarten   Sam 22 Déc - 20:57

« Non mais c'est quoi ces trajectoires minables ? Faut utiliser toute la route  ! »
« Non mais Djazz je te rappelle quand même que sur la voie de gauche les voitures viennent d'en face, c'est limité à 50, on est en centre-ville, c'est semi-piéton et jour de soldes. Alors ta trajectoire tu te la met ou je pense. »
« Vas-y mais pourquoi tu m'agresses ?! »
« Je t'agresse mais pas mais ça me soûle quand tu te la joues pro du volant blasé alors que tu sais très bien que je peux pas faire mieux. »
« Non mais tu conduis toujours comme une brêle »
« Rappelle-moi qui t'a montré comment tenir un volant ? Rappelle-moi qui t'as expliqué comment marche un embrayage ? T'arrête de m'insulter, là. Se la jouer petit rebelle à la con ça va bien cinq minutes.»
« Grmphf. »

Djazz fit une moue boudeuse et se concentra sur l'extérieur. Avant de sortir Billie avait attrapé le trousseau de clé, Djazz s'était énervée en arguant qu'une voiture, c'est comme un caleçon ça se prête pas mais les Dickinson sont têtus et bornés, c'est de famille... Être côté passager, le cauchemar ultime pour la jeune femme dont les pieds bougeaient par réflexe sur des pédales invisibles.

« T'aurais pu me laisser conduire. »
« T'es peut-être extrêmement douée sur les grandes voies mais là t'aurais pas résisté à écraser un landau. J'te connais. »
« Ouais bah... elles ont qu'à pas promener leurs gosses sur la route, aussi, là. »
« Putaaaaaain mais qu'est ce qui m'a pris ! C'est tout bouché là ! La prochaine fois on prend le taxi. »
« Ah non ! Je suis malade en voiture ! Moi si je suis pas devant le volant j'ai les tripes qui tiennent pas. »
« Dit celle qui a mis de l'éther dans le teli pour passer le 180 sur une brêle recyclée et qui a passé trois mois dans le plâtre. »
«Oui bah heu c'était y a longtemps ça U__U»

Billie s'énerva sur le klaxon. Au lieu du bip classique un énorme bruit pas vraiment humain sortit des baffles et vint frapper de plein fouet les autres automobilistes. Billie sursauta tellement que sa tête cogna le plafond. Il resta les mains agrippées au volant, les yeux exorbités et le cœur complètement affolé. Les autres klaxon s'étaient tus.

« M... merde Djazz c'est quoi ce truc ! »
« Je trouvais ça plus efficace que le klaxon de base. En général je m'en sers pas, c'est pas homologué...  Bon, c'est débouché là, t'avances ? »

Billie se passa une main sur les yeux en enclenchant la seconde. Il commençait un peu à regretter d'avoir embarqué sa sœur dans une sortie shopping. Ils arrivèrent enfin au parking souterrain et remontèrent pour déboucher dans le centre ville huppé de Consortium. Djazz ne put s'empêcher d'admirer les bâtiments immaculés, les vitrines rivalisant de lumières, les réverbères au gaz qui attendaient la tombée du soir pour s'allumer en un millier de points scintillants. Et de ce côté, ni vapeurs d'usine jaunâtres ni câbles géants d'une sombre citadelle : le ciel, bleu comme le plafond d'un hôtel, bleu comme celui de la campagne, mais pas besoin de faire des kilomètres d'escapade.
Elle observa ensuite les gens qui déambulaient entre les boutiques et les salons de thé : tous très bien habillés, chargés de poches griffées, parlant avec l'air un peu snob des élites, ils n'avaient pas l'air de se soucier de quoi que ce soit. Djazz ne regretta pas d'avoir laissé Billie choisir ses vêtements : elle aurait vraiment fait tâche. Mais le jeune homme à force de côtoyer l'élite du textile et de l'habillement aurait pu faire rentrer une girafe dans un palace et Djazz en imaginant cet animal trop grand vêtu d'une robe noire et d'une parure de diamants éclata de rire. Billie ne chercha pas à comprendre comment sa bonne humeur avait pu revenir, sourit et la prit par les épaules pour l'entraîner vers une de ses boutiques préférées.
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Djazz Dickinson

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MessageSujet: Re: Angel Dust : kindergarten   Jeu 21 Fév - 20:57

« Bon alors ?! »
« Deux secondes je galère avec... la... gnnnmph... fermeture ! »
« T'as besoin d'aide ? »
« Ouais ouais, viens donc m'aider à fermer ma braguette ! »
« Oh désolé, je disais ça comme ça... »

Billie leva les yeux au plafond en soupirant tandis que Djazz sortait (enfin) de la cabine d'essayage. Le jeune homme la fit tourner sans ménagement sur elle-même et s'appuya sur une jambe en posant l'index sous sa barbe. Une vendeuse passa près de lui en souriant.

« Ma chérie tu est parfaite dans ce pantalon. Mais cette chemise... franchement ça fait moche. »

Djazz soupira et secoua la tête. Elle en avait marre, ça faisait presque une heure que Billie l'habillait. Les deux vendeurs – un homme et une femme, qui visiblement connaissaient bien son frère, allaient et venaient avec des cintres, ils se postaient autour d'elle en discutant avec lui de son apparence comme si elle n'était pas là ; et elle avait beau réfléchir, elle ne comprenait pas en quoi tel haut s'accordait mieux avec tel bas et par quelle mystérieuse logique le rouge lui allait mieux que le bleu.

« Billie, franchement je... on s'en fiche que le haut n'aille pas avec le bas, je les mettrai pas tous les jours ensemble ! Je veux dire... d'ailleurs... »

Il ne semblait pas l'écouter et tenait deux cintres à bouts de bras devant lui, l'air très préoccupé.

« … d'ailleurs je ne les mettrai jamais, on perd du temps... c'est pas fait pour travailler... »

Djazz le contempla un moment s'activer sur la pile de vêtements. Il souriait. Ses yeux brillaient. Elle avait pris un air embêté. Son cœur se gonfla et elle s'en voulut de ne pas être en accord avec lui qui prenait tout ça tant à cœur. Elle se rendit compte qu'elle n'avait jamais réalisé à quel point cet univers était sa passion. Elle s'était tant moquée de lui sur le soin qu'il mettait à modeler son apparence, mais son attitude semblant si travaillée était en fait naturelle... et elle ne l'avait jamais pris au sérieux. Pourtant lui jamais ne s'était moqué de ses moteurs, de ses taches de cambouis sur le visage, de ses records de vitesse idiots et dangereux et n'avait jamais hésité à la suivre dans ses idées à la con. Il prenait toujours son temps pour elle, et il...

… il pense sincèrement que l'apparence est importante, et il n'a peut être pas tort...

Elle sentit que Billie lui relevait le menton, comme il faisait quand elle ne l'écoutait pas et sortit de ses pensées. Djazz le regarda encore un peu vaguement, puis se détourna vers la tringle où ce qu'elle avait essayé était pendu. Elle fouilla un peu, en tira un veston noir et se tourna vers lui en souriant le plus naturellement possible.

« J'aime bien ça... » tenta-t-elle. Le visage de son frère s'illumina.


**

La serveuse apporta leurs parts de gâteaux et leurs boissons chaudes. Djazz poussa du pied les poches en papier des boutiques qu'ils venaient d'écumer et se laissa tomber sur son fauteuil. Enfin assise ! L'atmosphère des magasins semblait agir négativement sur son endurance... mais ce coin de terrasse ombragé, sous un chêne, un peu isolé des autres clients, était parfait. Elle passa sa main derrière sa tête et savoura la sensation de légèreté que ses cheveux fraîchement coupés courts lui procurèrent. Comme au temps des Docks, en mieux ! Le seul point positif de l'après-midi, pensa-t-elle en fronçant les sourcils et en serrant les mâchoires.
Billie, déjà affalé sur son siège, passait ses nouveaux bracelets à ses poignets avec un sourire ravi. Il leva les yeux vers elle. Djazz, qui refaisait un lacet, sentit son regard sur elle et leva timidement les yeux. Il n'avait plus du tout l'air content.

« Quoi ? »
« Fais pas semblant, je vois bien que ça te fait chier. Y a eu une tentative, tout à l'heure, pourtant, mais bon. »
« Mais... »
« Si tu sortais plus souvent avec tes amis, aussi... »
« Mais je... »
« Mais je quoi ? »
« Ils sont tous restés sur les Docks, tu sais bien... »
« Et ton champion de boxe ? Tu sors pas avec lui des fois ? »

A ces mots, Billie laissa tomber un journal plié sur la table basse, entre eux, face à Djazz. Sur la première page s'étalait la photo de Vince McLaren. Djazz n'était même pas au courant qu'il avait gagné un championnat récemment. Elle baissa les yeux.

« Je sais pas...»
«Tu me désespère, tu sais Djazzy. Tu passes tes journées et tes nuits sur tes moteurs. »
« Mais... c'est ce que j'aime f... »
« Ouais, tes objectifs, tout ça... je connais la chanson. Putain, profite un peu de ta jeunesse ! »
« Mais j'en profite ! Je suis parfaitement bien comme je suis ! »
« Tu souris jamais, Djazz. Pour moi au moins, tu pourrais faire un effort. »
« Alors, faudrait savoir, tu viens de me dire de pas faire semblant ! »
« Je me plie en quatre pour essayer de faire en sorte que tu sois heureuse, ce serait trop demander d'avoir quelque chose en retour ?! »

Le ton montait. Djazz, une fois de plus, omit de réfléchir avant de parler.

« Et quoi, par exemple ? Que je suive tes conseils en sifflotant et aller faire la fête tous les soirs ? J'ai pas besoin de ça ! Je t'ai dit que j'étais très bien comme ça ! J'ai un travail, une passion et un logis ! J'ai pas besoin que tu t'en mêles ! »
« Putain j'ai jamais vu une gamine aussi ingrate ! C'est dingue ! Tu te rends compte de comment t'es ? Tu comptes renier tous le monde comme ça ? D'abord les jumeaux et junior, puis papa et maman, et puis moi ensuite ?! Tout ce que je voulais à la base c'était un après-midi tranquille, pour passer du temps entre frère et sœur, je sais pas moi j'aurais bien aimé entendre ton rire, ou te voir déconner comme on fait d'habitude ! Mais il faut toujours que tu gâches tout par mauvaise foi ! »
« Mais tu sais bien que ça me gonfle les sorties en centre-ville ! »
« Évidemment quand il s'agit de faire quelque chose que moi j'aime y a plus personne ! Tu pourrais faire un effort quelques heures pour moi ! »
« Tu fais chier ! T'as des tas d'amis avec qui faire ça ! T'as des journées entières de temps libre ! C'est bien gentil de dire « han mais je fais ça pour toi » ! J'en ai rien à foutre moi d'être bien habillée ! Je fais du travail manuel ! Je suis pas payée pour arriver sapée au boulot ! Ni pour me dorer la pilule devant une caméra et mettre deux pieds devant l'autre sur une estrade ! »
« Comm... »
« Vous me faites tous chier ! Voilà ! Même toi tu fais chier ! Toi, tes fringues ET TA MODE A LA CON !!! »
« NE ME PARLE PAS SUR CE TON ! »

Le poing de Billie s'abattit sur la table, faisant trembler les cuillères. Il s'était avancé, foudroyait Djazz du regard, le visage barré par des boucles en désordre. Elle se terra au fond de son siège. La colère le faisait tellement ressembler à papa qu'elle sentit un frisson le long de son dos... Elle ferma les yeux en mettant par réflexe sa main devant son visage, s'attendant à recevoir une gifle. Elle attendit quelques secondes, rien ne vint, et rouvrit les yeux.

Billie s'était laissé retomber sur son fauteuil, courbé, le visage enfoui dans la main droite. Il frotta un instant ses yeux, la respiration saccadée, puis il se recroquevilla sur lui-même, un bras sur les genoux, le visage caché derrière. Ses boucles blondes tombèrent en cascade sur son poing encore fermé. Djazz ne bougea pas, et ne le quitta pas des yeux, figée. Son cœur battait plus fort à mesure qu'elle réalisait ce qu'elle lui avait dit, des choses qu'elle ne pensait pas... elle regretta amèrement, mais c'était dit, trop tard. Elle se maudit violemment de l'intérieur.
Les épaules de Billie commencèrent à trembler et des reniflements se firent entendre derrière ses genoux. Djazz aurait voulu soudain le serrer dans ses bras et lui demander pardon, mais elle savait que ça ne suffirait pas. Elle n'osa pas bouger de peur qu'il la repousse. Il releva la tête, et elle put apercevoir ses yeux rougis derrière ses boucles. Son menton trembla et il ouvrit la bouche.

«Ce que je suis à tes yeux, c'est la moitié du temps bouffon de carnaval et l'autre moitié, réplique d'un père trop coléreux... super. Super. »


croquis superviteuf désolée ^^'
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MessageSujet: Re: Angel Dust : kindergarten   Ven 22 Fév - 14:03

Billie ferma ses yeux rougis un instant et essaya de respirer plus calmement. Comment la situation avait-elle pu s'envenimer si vite ? Était-ce de sa faute, ou de celle de Djazz qui, malgré ce qu'elle pouvait dire ressemblait le plus à leur père ? Oui, au final, quitter les Docks n'avait pas changé sa mentalité. Une technologue pur et dure. Comme papa, elle ne pense qu'au travail. Comme lui, elle a des objectifs. Comme lui, elle se lève à 6 heures tous les matins. Et comme lui, elle dénigre les personnes qui ne sont pas fatiguées à la fin de la journée et qui ne font pas du 8h-19h par jour. Elle se moque de moi parce que j'ai choisi d'utiliser mon physique pour m'assurer un confort de vie. Elle a beau se la jouer rebelle, c'est une ouvrière. Factory Park comprime les cerveaux... et pourtant elle s'amusait bien plus avant.

Billie, plus attristé que jamais par cette réflexion, sortit deux billets et quelques pièces de sa poche, les abandonna sur la table à côté de la note et se leva. A ce moment Djazz bondit de son siège et s'approcha de lui, ce qui transforma la tristesse en colère -elle l'avait déjà bien assez blessé comme ça, il n'avait pas l'intention de recevoir plus de coups. Il tendit le bras, renvoyant la jeune femme droit sur son fauteuil. Puis, tenant son blouson d'une main au dessus de son épaule, sortit du café sans cérémonie.

Assis dans le tram, la tête appuyée contre la vitre, Billie laissa son regard se perdre sur la silhouette massive de la Citadelle. Il pensa un instant aller finir de pleurer sur l'épaule de Siècle mais s'y refusa : il aurait eu l'impression de trahir Djazz car c'était elle qui le consolait toujours quand il n'allait pas bien. D'ailleurs, pourquoi était-il monté dans le tram ? Il habitait à deux pas du café ! Le tram s'arrêta, beaucoup de monde descendit, libérant l'espace.



Billie ferma les yeux, repensa à la dispute, eut mal au cœur, soupira et les rouvrit. Une jeune femme venait de s'asseoir en face de lui. Il leva vaguement les yeux vers elle, la tête ailleurs. Elle lui sourit timidement avec un air compatissant.  »Oooh c'est trop beau un homme qui pleure » gna gna gna, arrête de me regarder putain ! Tu veux ma face en noir et blanc sur une couverture ? » Billie serra les mâchoires, fronça les sourcils et se replongea dans la contemplation de la Citadelle.



Finalement, aller voir Siècle était peut-être une bonne idée. Avec un peu de chance, elle n'aurait pas cours et ils pourraient aller à la plage par ce beau temps. Billie avait besoin de se changer les idées et de se calmer un peu avant de réfléchir à comment se réconcilier avec Djazz.
A l'arrêt suivant, il se leva pour changer de tram. Il attrapa son blouson, se leva, se passa la main dans les cheveux pour dégager son visage et ne manqua pas d'adresser un beau sourire à la jeune femme pour se faire pardonner de l'avoir maudite mentalement. Son visage rose s'éclaira et Billie, momentanément apaisé, descendit sur le quai.

(hohoho comment j'ai trop compensé le fait que le texte soit court par deux dessins au lieu d'un c'est fourbe ! \o/)

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