AccueilCalendrierRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Angel Dust : Charlie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Djazz Dickinson

avatar


Messages : 1859
Date d'inscription : 22/02/2011
Age : 23
Localisation : Range Docks


Age du Personnage : 20
Alignement: Chaotique Bon
Classe - Fonction: Technologue - mécanicienne
MessageSujet: Angel Dust : Charlie   Lun 10 Mar - 19:53

*cling*

Djazz referma le tiroir de la vieille caisse enregistreuse et saisit un livre de comptes sur la pile de carnets qui encombrait la table, dans un coin du garage. Elle ouvrit le meuble métallique derrière elle, tira le casier "commandes", saisit quelques papiers et se mit à écrire soigneusement en marmonnant.

"...moins 198.5 ast pour le pot neuf de la Bentley noire... que nous recevons dans six jours."

Appuyé contre le bord de la grande porte du garage, au soleil, un homme d'une quarantaine d'années en chemise tachée de cambouis, aux cheveux et à la barbe noirs et épais regardait de ses yeux bleu-gris perçants la rue animée. Un sourire étira son visage tanné mais encore beau lorsqu'un gamin se cogna par mégarde à ses jambes. Il tourna la tête vers l'intérieur du garage.

"Alors, on a fait combien aujourd'hui ?"

Djazz leva les yeux vers lui, cessa de taper sur la calculatrice et sourit.

"A peu près 1200 ast. Très bonne journée !"

Elle rengea les papiers, referma le registre et ouvrit un autre petit carnet.

"Je me prends 300 balles en liquide."
"Quoi ?!"


Gaïdjen se redressa et regarda son employée comme s'il voulait lui jeter ses yeux à la face. Djazz lui lança un sourire mutin.

"Pour qui tu te prends ?"
"Pour celle qui fait tourner la boutique, allez, on sait tous que tu passes tes journées à monter des combines secrètes plutôt que de servir les clients."

Gaidjen se renfrogna sous le rire de la jeune femme, un peu vexé.

"Ce ne sont pas des combines secrètes !"

Djazz hocha la tête et se mit à compter les billets de la liasse des gains du jour, puis en saisit une poignée qu'elle plia et serra d'un élastique.

"Tu devrais me vendre l'affaire, ça t'obligerait pas à te lever le matin"

Elle passa devant lui l'air satisfait pour prendre son écharpe et son sac sur le portemanteau. Gaïdjen commençait à s'énerver, mais la petite avait raison, alors, vaincu mais ne voulant pas perdre la face, il brandit violemment deux doigts en direction de Djazz. Lorsqu'il s'énervait son accent du Ghiao ressortait et Djazz trouvait ça incroyablement exotique. La seule chose qu'elle connaissait de son patron, c'était qu'il était né chez de lointains nomades qu'il avait fait dans l'arnaque et les jolies femmes et qu'il était un mécanicien hors-pair. D'ailleurs, il était plus pour elle un maître qu'un patron.

"Ok ! mais deux ! tu ne prends que deux-cents !"


Djazz tira la langue et sortit du garage. Seul dans son local chargé de l'odeur de l'essence et de l'huile, Gaidjen Blackface ne put s'empêcher de sourire en pensant à son apprentie.

La jeune mécanicienne se frayait un chemin parmi la foule des rues pavées et sinueuses de Consortium. Le temps était chaud et le soleil ne se coucherait pas avant quelques heures, aussi décida-t-elle de traîner un peu et de faire quelques courses pour épargner à Billie de devoir la nourrir toute la semaine. De temps en temps, elle croisait une connaissance ou un ami, si bien que le soleil était déjà bien bas lorsqu'elle arriva en bas de sa rue.


C'était une ruelle en pente douce, dénivelée par de larges marches pavées. Les murs étaient blancs et les portes colorées. Partout, des enfants jouant dans le ruisseau sec, des femmes avec des paniers de linge ou d'épices, des hommes sur des chaises jouant aux cartes, aux dés ou somnolant, des vélos, des skates, quelques échoppes typiques des quatres coins du monde, de grands sacs de graines, d'épices et de pigments. Les rayons du soleil faiblissant passaient encore entre les encorbellements et les balcons, et le linge étendu entre les facades paraissait rouge en transparence.

Djazz remonta joyeusement la rue, saluant quelques voisins, s'arrêta devant l'étal d'un marchand de kébab et passa la tête par la porte. La délicieuse odeur du mouton juteux qui tournait lentement lui mit l'eau à la bouche. Derrière le petit comtoir s'étalaient des pains encore chaud et des galettes.

"Ehsan ?"

L'homme qui était en train de pétrir de la pâte dans un coin de la petite pièce leva la tête, se tourna et reconnut Djazz. Il sourit de toutes ses dents sans cesser d'étaler la galette qu'il était en train de préparer.

"Alors ? enfin fini le travail ? tu as faim ?"

"Je venais te passer le bonjour de Gaidjen. Et puisque tu en parles, j'ai un gros creux."
"Haha ! ce vieux voleur de poules... je croyais qu'il était mort. Comme d'habitude ?"
"Oui !"

L'homme jeta la galette sur la cendre et commença à couper la viande. Djazz repartit quelques minutes plus tard avec ses poches de courses et la boîte en carton brûlante contenant le kebab. La jeune femme arriva devant un petit espace perpendiculaire à la rue, un escalier de bois irrégulier entre deux maisons. Devant l'escalier, comme depuis plus d'un an, le gros cochon noir du voisin dormait paisiblement. Djazz soupira, le contourna et gravit les marches.


Arrivée en haut, elle posa ses sacs, sortit une clé de sa poche et alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir sa porte, une petite voix s'éleva à côté d'elle, la faisant sursauter.

"Djazzy ! Enfin tu es là !"

La mécanicienne se tourna et constata qu'un gamin l'attendait assis sur un rebord, au milieu des pots de fleurs déssechées. Il souriait, ses grands yeux bleu/vert posés sur elle, et sa chevelure blonde désordonnée et ses taches de rousseur lui étaient étrangement familières. Elle fronça un sourcil. Charlie.

"Charlie ? qu'est ce que tu fous là ?"
"Ah, tu m'as reconnu ! je me souviens quand tu es partie, même si j'étais petit !"
"Tu es toujours petit, t'as quel âge déjà ?"
"Six ans !"

Djazz le regarda sans rien dire. Charlie, le petit dernier de la fratrie. Les gens avaient toujours cru que l'aîné et le plus jeune étaient les seuls à avoir des prénoms normaux, mais en fait Billie était le diminutif de Rockabilly et Charlie de Charleston. Les parents Dickinsons étaient un peu des hipsters, comme disait Billie, même si Djazz n'avait jamais compris ce que ça signifiait.

"Et qu'est ce que tu fiches devant ma porte ?"
"Maman m'a envoyé ici, elle te fait dire que tu dois t'occuper de moi parce que elle, elle peut plus."
"Comment... enfin..."

Une tonne de questions vint soudain se bousculer dans sa tête : comment sa mère connaissait son adresse, pourquoi elle ne pouvait plus prendre en charge le petit, et papa ? comment va-t-il ? pourquoi ne pas l'avoir envoyé à Billie, bien plus aisé qu'elle ? et le boulot ? et l'école ? et son temps libre avec Oxford gâché par le mioche ?
Elle décida de remettre les questions à plus tard.

"J'ai faim, on rentre dans ta maison ?"
"Non mais dis-donc toi ! Je ne peux pas m'occuper de toi, je travaille et puis, tu es un sale gosse insupportable !"


Charlie baissa la tête. Djazz entendit un reniflement, puis deux, puis le petit leva des yeux pleins de larmes vers elle. Djazz se sentit fondre à l'intérieur.

"Non, non non ! tu ne m'auras pas avec ça !"
"... "
"Raaah ! bon ! viens, mais pas de bêtises !"

Elle ouvrit la porte et récupéra ses sacs tandis que son petit frère (dont les larmes avaient miraculeusement disparu) se ruait dans l'appartement.
Revenir en haut Aller en bas
 

Angel Dust : Charlie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

+
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Blend Awake :: Technopolis - Secteur des Technopolitains :: Consortium :: Résidential district-
Sauter vers: