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 Oiseaux de nuit

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Djazz Dickinson

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Messages : 1859
Date d'inscription : 22/02/2011
Age : 22
Localisation : Range Docks


Age du Personnage : 20
Alignement: Chaotique Bon
Classe - Fonction: Technologue - mécanicienne
MessageSujet: Oiseaux de nuit   Lun 16 Juin - 19:12

« Bon, il est temps de fermer… »

Gaidjen venait de poser ses outils et essuyait ses mains noires à un chiffon pendu à la ceinture. Djazz leva la tête, regarda son patron, puis l’horloge.

« Déjà huit heures et demie ?
« Neuf heures, avec le soleil qui ne se couche pas on a pas fait gaffe. »

Le technologue s’étira lentement, faisant minutieusement craquer chaque os des reins au bout des doigts. La chaleur de ce début d’été à Consortium l’avait poussé à ouvrir sa chemise délavée, et un long rectangle de crasse et de sueur s’étalait du cou à la ceinture.

« Nyaaaaaaaah… »

Djazz leva les yeux des pneus neufs qu’elle était en train d’empiler dans un coin du local et les posa sur Blackface qui, visiblement, ne savait pas s’étirer sans faire des bruits de gros matou satisfait. Il baissa les bras, fit tourner une ou deux fois sa tête pour détendre ses cervicales et  se dirigea vers le bureau pour ranger quelques papiers. Djazz sentit que son regard dérivait et le reporta sur les pneus.

« Je vais rester un peu, laisse-moi les clés du rideau. »

Gaidjen leva la tête.

« Tu vas faire des heures sup ? »
« Oui, j’aimerais continuer sur mon moteur à… »
« Djazzy, crois-moi, les flux transmutatifs ne sont pas des choses pour nous, tu vas y laisser la peau. Arrête. »
« Je te prouverai le contraire. »


________________________________


22h.
Djazz travaillait sur son moteur depuis une heure et demie à peine lorsqu’elle sentit la faim l’assaillir. La nuit était tombée à présent, et par chance le quartier était encore animé. La jeune femme prit un billet de 10 ast dans la caisse enregistreuse et sortit vers la brasserie d’en face où Gaidjen et elle se rendaient à chaque pause.

23h.
La place qui faisait face au garage était presque vide à présent. Les gens rentraient chez eux, une brise légère commençait à rafraîchir la ville.

Djazz était en train de ranger ses affaires pour rentrer chez elle, épuisée de sa journée de quatorze heures. Mais alors qu’elle s’apprêtait à baisser le rideau de fer la jeune femme distingua deux phares ronds se rapprocher, et une voiture traversa en trombe la place et pila à quelques mètres du garage. Eblouie par les phares, elle leva le bras pour mieux voir une silhouette sortir côté conducteur et se dépêcher vers elle.

C’était un homme plus petit qu’elle, transpirant, vêtu d’un pantalon rayé et d’une chemise blanche que la sueur collait à son torse. Ses sourcils froncés et nerveux descendaient sur un regard agité qui se plongea dans celui de Djazz. La voix de l’homme s’éleva sous la lumière jaune des réverbères.

« Un garage encore ouvert, quel aubaine. Ne fermez pas. »
« Ah, désolée monsieur, je ferme… si ça peut attendre, rev’nez demain à huit heures. »
« Ne fermez pas. »

La voix était plus ferme, le regard plus dur. Il glissa une main dans la poche de son pantalon et sortit un épais objet cylindrique entouré d’un élastique. Djazz baissa les yeux, jaugea d’un coup d’œil la liasse de billets, puis remonta le rideau de fer.

« Amenez-la ici », dit-elle en rallumant les lampes.

Après que la Maybach Zeppelin fut garée au centre du local, au-dessus de la bouche d’évacuation des huiles, l’homme s’appuya contre un étau et croisa les bras en ne lâchant pas Djazz du regard.

« Changez-moi la plaque, et vite. »

Djazz ne fit aucun commentaire sur le ton désobligeant de son client et s’accroupit pour ouvrir une caisse.

« Je vous met quoi ? »
« Ce que vous voulez » répondit l’homme avec un air agacé.
« Une plaque d’un ancien fourgon de livraison parti à la casse, ça vous va ? »
« Oui, oui ! Dépêchez-vous, et ne touchez pas à l’intérieur de la voiture »
« Inutile de m’apprendre mon métier, monsieur. »

Djazz dévissa la plaque avant, posa soigneusement les vis sur le sol et posa celle du fourgon. L’homme qui s’était mis à faire les cent pas, était à présent dos à la pièce, semblant scruter chaque quoi de la place déserte. Le café d’en face était encore allumé bien que vide.
Alors qu’elle faisait le tour du véhicule pour changer l’arrière, Djazz aperçut un bel étui à cigarettes posé sur le siège passager. Pressentant qu’il devait contenir du tabac de qualité, ce qu’elle n’avait pas l’habitude de fumer avec sa paie, la jeune femme jeta un coup d’œil à l’homme toujours dos à elle et tendit le bras pour attraper l’étui qu’elle glissa dans sa poche.

« J’ai fini » annonça-t-elle en achevant de visser la seconde fausse plaque. L’homme se retourna et avança vers elle. Djazz se releva.

« Bien. Maintenant vous allez repeindre la carrosserie. »

Djazz resta interdite quelques secondes.

« Vous êtes taré ou quoi ?  Ça prend du temps, j’peux pas faire ça ce soir, revenez demain, j’vous ai déjà dit. »

Elle s’éloigna vers l’établi pour ranger le tournevis.

« Donnez-moi mon fric et barrez-vous, je ferme. »
« Le voilà, ton pèse »

Djazz baissa les yeux vers le flanc de l’homme, contre lequel était serrée une main tenant un Beretta. Elle recula vivement,  la détonation résonna contre les murs et jusqu’à la place, et une vive douleur l’envahit sur le côté du ventre. Elle tomba, sa tête heurta le bord de l’établi et sa vision brouillée s’attarda sur l’homme qui sans prendre la peine de vérifier son état, monta dans sa voiture, démarra en trombe et disparût. La jeune femme entendit encore la porte du café s’ouvrir, des voix et puis plus rien.

______________________



Lorsqu’elle ouvrit les yeux après vingt-quatre heures qui lui avaient semblé une microseconde, le visage doux et lumineux de Billie était penché sur elle. Il tenait sa main perfusée dans la sienne et lui caressait doucement le front. Elle ouvrit la bouche, ne trouva rien à dire et sourit.

«Charlie t’a fait un dessin, et ton patron,  Siècle et Oxford sont passés te voir. Le médecin a dit que tu te rétablis vraiment très vite. Tu sors ce soir. »
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Oiseaux de nuit

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